19-2 : le parfait retour
J’ai voulu écrire à propos de 19-2 hier soir, tout de suite après l’émission. Mais j’en ai été incapable, j’étais encore sous le choc.
Malgré tous les avertissements et chroniques qui avaient préalablement été écrits sur l’épisode, je n’étais pas suffisamment préparée. Eh oui, c’est le sujet qui m’a profondément troublée, mais aussi, et surtout, la perfection de l’épisode.
Le long plan-séquence où les policiers pourchassent le tireur était parfait. Le résultat du travail d’une équipe experte dans laquelle tout le monde est au sommet de son art, Podz le premier. Et pour les fans de dessous de tournage : Podz a dit hier que le plan-séquence avait été repris 12 fois. Il a nécessité une journée de préparation, une journée de répétition et une journée de tournage.
Il faut souligner aussi le jeu de Réal Bossé et de Claude Legault qui était magistral. On vivait avec eux ce moment insupportable. On ressentait leur stress, c’est à peine si ce n’est pas sur nos tempes que la sueur coulait. Des prix pleuvront sur eux et toute l’équipe, c’est certain.
Ce premier épisode de 19-2 démontrait également à quel point les dialogues sont parfois inutiles, et à quel point les silences et le « temps réel » peuvent être des alliés à la télévision. Tellement que quand une pause publicitaire arrivait, elle me semblait totalement futile. J’étais tellement prise dans l’émotion de la tuerie, que je me demandais pourquoi on me passait une publicité de yogourt alors qu’un drame se jouait dans une école secondaire. L’épisode sera à revoir sur DVD, pour le savourer pleinement.
Bref, cet épisode marquera (et marque déjà) la télévision québécoise. Il sera enseigné dans les cours de communications et les gens y feront référence pour plusieurs années encore. Et il y a un aura spécial autour de ce moment télé : tout le monde a le besoin d’en parler et d’exprimer ce qu’il a ressenti. Les auteurs ne pouvaient pas savoir en écrivant l’épisode, il y a un an et demi, combien ils seraient près de l’actualité. Il est normal qu’aujourd’hui tout le monde ait besoin de souffler un peu. Par contre, ça reste une émission de télévision, donc un produit. Radio-Canada n’avait pas à faire un débriefing de l’épisode au Téléjournal ensuite…
Vraiment, j’ai assisté hier à un moment télé comme je n’en avais jamais vu.
Vous, en êtes-vous remis?