Uncategorized
13:49 8 octobre 2020 | mise à jour le: 9 octobre 2020 à 10:52 temps de lecture: 4 minutes

Les talibans se réjouissent d’une annonce de Trump promettant un retrait précipité

Les talibans se réjouissent d’une annonce de Trump promettant un retrait précipité
FILE - In this Sept. 12, 2020, file photo, Taliban negotiator Abbas Stanikzai, center front, and his delegation attend the opening session of peace talks between the Afghan government and the Taliban, in Doha, Qatar. Afghanistan’s Taliban on Thursday, Oct. 8, 2020, welcomed a tweet from President Donald Trump in which he promised to have the last of the U.S.'s troops out of Afghanistan by Christmas. If that withdrawal happens, it would be months ahead of schedule and the tweet made no reference to a Taliban promise to fight terrorist groups — a previous pre-requisite for an American withdrawal. (AP Photo/Hussein Sayed, File)

ISLAMABAD — Les talibans en Afghanistan se sont réjouis jeudi d’un tweet du président Donald Trump dans lequel il a promis que les derniers soldats américains encore présents en Afghanistan reviendraient au pays d’ici la fin de l’année.

Si ce retrait a lieu comme le président l’a annoncé, il se produirait avec plusieurs mois d’avance sur l’échéancier prévu. Le message de M. Trump ne fait pas référence à une promesse des talibans de lutter contre les groupes terroristes, qui est considérée comme une condition préalable à un retrait américain.

Dans un tweet qui semblait contredire son conseiller à la sécurité nationale, M. Trump a déclaré mercredi soir: «Le petit nombre restant de nos BRAVES hommes et femmes en poste en Afghanistan devrait être à la maison pour Noël.»

Mercredi, le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien, parlant des forces américaines en Afghanistan, a affirmé à un auditoire à Las Vegas qu’il y avait actuellement moins de 5000 soldats américains en Afghanistan et que ce nombre passerait à 2500 au début de l’année prochaine.

Interrogé sur son tweet lors d’une entrevue téléphonique avec Fox Business Channel, jeudi, le président a déclaré: «Nous sommes tombés à 4000 soldats en Afghanistan. Je les ramènerai à la maison d’ici la fin de l’année. Ils rentrent à la maison, vous savez, au moment où on se parle. Dix-neuf ans, c’est assez. Ils agissent comme des policiers, d’accord? Ils n’agissent pas en tant que soldats.»

Le retrait américain d’Afghanistan après 19 ans de présence militaire est prévu dans un accord conclu par Washington avec les talibans en février. Cependant, cet accord prévoyait que les troupes américaines quitteraient l’Afghanistan dans les 18 mois suivants, à condition que les talibans honorent leur engagement de lutter contre les groupes terroristes, principalement la branche locale de Daech (le groupe armé État islamique).

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahed, a affirmé jeudi que la déclaration du président Trump était la bienvenue et qu’il la considérait comme une étape positive pour la mise en œuvre de l’accord de paix entre les États-Unis et les talibans.

Les talibans sont «attachés au contenu de l’accord et espèrent des relations bonnes et positives avec tous les pays, y compris les États-Unis, à l’avenir», a-t-il dit.

Des négociations en cours

Le tweet inattendu de M. Trump est survenu alors que les talibans et l’équipe de négociation nommée par le gouvernement afghan tenaient des pourparlers de paix historiques à Doha, au Qatar.

Ces pourparlers sont extrêmement laborieux car les deux parties se sont enlisées dans des subtilités quant à la manière dont elles iraient de l’avant pour parvenir à un accord. Des semaines ont été consacrées à discuter de la jurisprudence islamique et de son impact sur les négociations.

Les deux parties sont néanmoins restées à la table des négociations alors que l’émissaire américain, Zalmay Khalilzad, est revenu la semaine dernière dans la région. Peu d’informations substantielles ont émergé des discussions.

Les talibans n’ont jamais détaillé les engagements qu’ils ont pris pour lutter contre les terroristes dans l’accord conclu en février et Washington a refusé de donner des détails, invoquant des questions de sécurité.

Les États-Unis et l’OTAN ont déjà commencé à réduire leurs effectifs en Afghanistan. L’armée américaine compte moins de 5000 soldats sur le terrain, comparativement à environ 13 000 lors de la signature de l’accord le 29 février.

Les commentaires du président Trump ont surpris la plupart des observateurs afghans. Le gouvernement afghan n’a pas encore fait connaître sa réaction à ce sujet.

Ce n’est pas la première fois que M. Trump, qui promet depuis longtemps de mettre fin à l’implication des États-Unis en Afghanistan, mine le travail du Pentagone en faisant des annonces précipitées sur le retrait des troupes. Le Pentagone n’a pas réagi à l’annonce du président.

Kathy Gannon, The Associated Press

Articles similaires