Et si c’était Paul Desmarais et pas PKP?

Pierre-Karl Péladeau est un homme très puissant. Son saut risqué en politique l’honore. Il peut mener «ses» troupes à la terre promise ou dans le désert éternel!

Certains souverainistes se réjouissent de l’arrivée de PKP comme candidat péquiste, car il est perçu comme un joueur de concession. Toutefois, l’éblouissement de son arrivée ne doit aucunement les aveugler ni détourner, d’ailleurs, PKP de son «rêve le plus cher», la souveraineté du Québec.

J’ai croisé PKP quelques fois lors de cérémonies privées. L’homme est affable et d’une grande culture. Le ton de sa voix détonne bizarrement avec l’impitoyable patron dépeint par ses détracteurs.

Dans une soirée, PKP n’essaye pas d’attirer l’attention, même si les spots se braquent sur lui et si les convives se l’arrachent. La plupart du temps, il se met à la périphérie de la foule et s’éclipse à l’anglaise.

J’ai aussi côtoyé des journalistes du Journal de Montréal en lock-out, en 2009. Certains lockoutés ont tellement été écœurés par le patron de l’empire qu’ils ont refusé de retourner à leurs postes après la fin du conflit. D’autres ont carrément laissé tomber le journalisme.

Les lucides diront que PKP a sauvé ses journaux de la disparition. Les solidaires argueront qu’il aurait pu le faire avec humanité. L’histoire tranchera.

Pour vous dire, PKP n’est pas n’importe qui. Par son bras médiatique, c’est l’homme le plus puissant du Québec. Et autant de pouvoir entre les mains d’une seule personne lui impose des responsabilités incommensurables. Plus qu’à tout autre contribuable.

Au sommet de l’État, PKP ne se limitera pas à un rôle de comparse. Il sera au cœur du pouvoir et aura accès à de l’information stratégique sensible. Un éventuel retour en affaires après son passage en politique aura des conséquences démentielles.

Pour rassurer le peuple et surtout préserver la pérennité de nos institutions démocratiques, PKP doit s’imposer des règles d’éthique jamais subies par un justiciable québécois et, surtout, pas les simples règles en cours.

En effet, le soir de sa décision, le candidat péquiste de Saint-Jérôme aurait dû tuer et enterrer PKP l’homme d’affaires avant de s’engager dans la politique jusqu’à la réalisation, ou pas, de son œuvre. D’une façon irréversible, PKP n’a d’autre choix que d’accomplir ce sacrifice ultime et si difficile.

Ceux qui sont prêts à lui accorder un chèque en blanc sur l’autel du rêve d’un pays, devraient répondre à une seule question : si c’était Paul Desmarais qui, de son vivant, avait fait le saut en politique provinciale québécoise au sein du PLQ, comment auraient-ils réagi?

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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