UE: Visa à vendre
Alors que les réfugiés de la misère sont méprisés sur le vieux continent, une quinzaine de pays européens mènent une bataille féroce pour attirer les riches de la planète. À la clé, des visas en or.
Pour de riches ressortissants étrangers, surtout des Chinois, l’Europe est un marché lucratif où il fait beau vivre. Le hic, les formalités pour y accéder ressemblent à un pénible chemin de croix. Ces fortunés ont désormais la possibilité de se payer un pays d’accueil en Europe.
Depuis que la crise économique a terrassé l’Europe, le «visa d’or» a fait son apparition. Avec ce titre de séjour, un ressortissant étranger qui en a les moyens peut rentrer, sortir et aller en Europe comme il veut. Un sésame précieux pour réaliser de très bonnes affaires et s’acheter un asile doré le cas échéant.
Ce marché lucratif a attisé les convoitises. Des passeurs de riches profitent de ce business très rentable pour séduire les nababs des temps modernes. Les pays européens mènent une bataille sans merci pour siphonner le plus d’investissements. Pas besoin de maîtriser la langue du pays d’accueil, s’intéresser à son histoire, sa culture et respecter ses valeurs. Il suffit de payer rubis sur l’ongle.
Selon les données colligées par plusieurs médias européens, le Portugal a relancé carrément son secteur du bâtiment grâce à l’arrivée massive de ressortissants chinois. Et pour cause, en un an, 500 étrangers se sont offert le soleil du Portugal. Ils ont injecté plus de 200 millions d’euros dans l’économie du pays hôte. Avec de telles sommes, les autres pays européens se livrent une bataille acharnée pour avoir leur part du gâteau.
Du coup, un riche étranger a l’embarras du choix pour s’acheter son titre de séjour européen: 75 000 euros en Lettonie, 100 000 euros en Roumanie, 250 000 euros en Hongrie et en Grèce, 260 000 en Lituanie, 300 000 euros à Chypre, 500 000 euros au Portugal, en Espagne, en Bulgarie et en Irlande, 1 million d’euros en Angleterre, 1,25 million d’euros aux Pays-Bas, 1,15 d’euros à Malte, 3 millions d’euros en Autriche et 10 millions d’euros en France. Chaque pays a son prix, et ses exigences, sans aucune solidarité. Bruxelles, principal siège de l’Union européenne, n’a pas son mot à dire. Sur cette question, chaque pays reste souverain.
La citoyenneté européenne est devenue une marchandise à la portée de portefeuilles bien garnis. Une citoyenneté à vendre aux plus offrants dans un marché de concurrence pure et parfaite. Quant aux réfugiés, qui veut de la misère du monde?