Ce qui se passe en vacances…

Avez-vous déjà remarqué que lorsqu’on est en vacances, à l’extérieur du pays ou à l’extérieur de la ville où l’on habite, on fait des choses que l’on ne ferait pas habituellement?

On sort dans un bar? On parle à tout le monde. Un bel inconnu nous approche? On se laisse charmer candidement. C’est comme si, quand nous ne sommes pas dans notre habitat naturel, nos barrières tombent.

Ce phénomène m’a frappée dernièrement, quand je suis allée passer quelques jours à la plage avec des amies. Étendues sur nos serviettes, on se rinçait l’œil en regardant les profs de surf enseigner aux touristes comment se tenir debout sur leur planche. Si je m’étais retrouvée près de la vague de l’Expo 67, je ne serais jamais allée parler aux Montréalais qui y surfent, mais puisque j’étais en vacances, j’ai osé et je suis allée demander tout bonnement aux surfeurs qui tenaient l’école de surf où ils nous conseillaient de sortir, mes copines et moi, tout en prenant bien soin de flirter un peu. Mes amies ont été très impressionnées par mon courage, mais dans le fond, je n’avais pas vraiment de mérite, car je n’avais pas grand-chose à perdre.

Cette soirée-là, nous nous sommes donc mises sur notre trente-six et nous sommes sorties en ville. Dans un bar, j’ai fait la rencontre d’un Américain nommé Kevin. Il n’était pas vraiment mon type, mais j’ai tout de suite été séduite par son grand sourire et son enthousiasme.

Quand Kevin m’a invitée à danser sur la piste de danse, je l’ai suivi sans rechigner. C’est alors que j’ai vu que l’enthousiasme de Kevin le suivait aussi quand il se décidait à esquisser quelques pas de danse. Il dansait, mes amis, comme si c’était sa dernière journée sur Terre! Ici, je ne veux pas dire qu’il dansait bien, mais plutôt qu’il dansait beaucoup, mais beaucoup trop intensément! Il accrochait les autres danseurs en faisant un genre de break dance, et il se frottait à moi de manière assez suggestive.

Si j’avais eu un tel partenaire de danse à Montréal, j’aurais été assez mal à l’aise et je l’aurais sûrement planté là, mais j’étais en vacances, dans un endroit où je ne retournerai sûrement jamais, alors j’ai dansé, enfin, j’ai essayé de danser avec Kevin, et je me suis bien amusée!

La morale de cette histoire, c’est que les liens se créent plus facilement quand on est en vacances et que notre ego est du coup beaucoup plus petit. Si on rencontre un gentil garçon, on ne s’arrête pas à tel ou tel aspect de sa personne, on vit le moment présent avec lui et on ne se pose pas trente-six mille questions. C’est comme si on avait laissé à la maison toutes ses appréhensions, ses vieilles blessures de cœur, et ses attentes, et que pour une fois, on pouvait sauter sans filet. C’est beaucoup plus facile de se commettre quand on sait qu’on ne reverra pas le gentil garçon en question…

J’ai donc décidé que, cet automne, je restais en mode vacances! 


Pour joindre notre chroniqueuse : juliette@journalmetro.com

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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