J'envie les nouvelles célibataires

Récemment, une de mes bonnes amies est revenue sur le marché, comme on dit. Josiane avait, à mon souvenir, toujours été en couple. Dès qu’elle quittait un chum, elle s’en faisait un autre dans le temps de le dire. Les choses ont pourtant changé lors de sa dernière rupture. Elle voulait, pour la première fois de sa vie, prendre le temps de vivre son célibat. C’est à ce moment que je suis devenue pour elle une sorte de guide…

La première fois qu’elle a fait l’expérience d’une aventure d’un soir, j’étais avec elle. Nous étions allées prendre un verre, et elle avait fait la connaissance d’un gentil garçon. Chaque fois que ce dernier allait aux toilettes, Josiane me demandait comment agir. Moi, je la rassurais et je lui disais de foncer. Quand elle est partie avec le gentil garçon en question, elle s’est retournée et m’a regardée avec des étoiles dans les yeux et un peu d’appréhension. Moi, je l’ai regardée avec des yeux qui disaient : «Vas-y ma grande, t’es capable!»

Le lendemain matin, elle m’a téléphoné pour me raconter sa fin de soirée. Elle me bombardait de questions du genre : «Est-ce que c’est supposé se passer comme ça, un one night? Est-ce que je devrais rappeler le gars?» Et moi, dans ma grande sagesse, je lui répondais de mon mieux, avec ce que j’avais appris de mes propres expériences.

Sur le coup, j’étais bien contente de partager mes apprentissages avec quelqu’un d’autre et de lui éviter ainsi mes erreurs passées – il faut bien que ça serve à quelque chose, des années de célibat! –, mais peu à peu, j’ai trouvé le tout un rien pathétique. J’étais la vieille célibataire d’expérience et je prodiguais mes conseils, telle une coach de vie en fin de carrière. C’est pas mêlant, je commençais presque mes phrases par : «Moi, ma p’tite fille, je vais te le dire, comment ça marche!»

Son gentil garçon ne l’a finalement jamais rappelée. Je me suis retenue de lui dire : «Je le savais!», ce qui lui aurait évité de guetter constamment son téléphone dans l’attente d’un signe de vie. Stoïque, je me suis abstenue. Je n’étais quand même pas pour lui péter sa balloune alors que le gentil garçon venait à peine de quitter sa demeure. Il y a des limites à être blasé!

Finalement, j’ai décidé que plutôt que d’amener Josiane à être désillusionnée comme moi, j’allais me nourrir de sa naïveté et de sa joie de nouvelle célibataire. Quand elle m’appelle pour me raconter ses aventures, je l’écoute avec intérêt et dynamisme. Quand elle veut sortir pour rencontrer des gars, j’y vais avec elle, et quand elle me dit : «Je suis sûre qu’on va faire des belles rencontres ce soir!», j’opine de la tête et je lui fais mon plus beau sourire.

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– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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