Changer de modèle économique : une urgence!

Pendant que l’industrie des sables bitumineux et le bureau du premier ministre Harper s’entendent sur une stratégie de communications pour redorer l’image de l’exploitation des sables bitumineux, le reste du monde s’interroge sur l’avenir de l’économie mondiale.

Le sommet de Davos, dans le Valais suisse, dresse un constat plutôt inquiétant de l’état de l’économie dite «libérale et capitaliste», qui a frappé un mur depuis 2008. C’est évident, les grandes économies sont plongées en pleine panique. Le gouvernement américain a été forcé de mettre les banques et General Motors «sur l’assistance sociale» pour éviter que l’économie américaine s’écroule et entraîne dans sa chute le reste de la planète. L’un après l’autre, les pays voient leur cote baisser, et plusieurs pays sont en faillite technique.

On a même entendu David Rubenstein, patron du Fonds américain d’investissement Carlyle, déclarer que la mort du capitalisme est imminente. Remarquez que lorsqu’on touche plus de 134 M$ de bonus comme patron, on peut dire pas mal de choses!

Il existe une approche comptable qui permettrait à l’économie mondiale d’effectuer un vrai virage : réduire les émissions de carbone en taxant les pollueurs et en stimulant les investissements dans des entreprises et des modes de production qui, en plus de réduire les émissions de GES, réorienteraient l’économie mondiale vers une comptabilisation du vrai coût des biens de consommation.

L’Australie prend actuellement un tel virage. Dès juillet, les 500 plus grands émetteurs de GES de ce pays devront payer une taxe de 24 $ par tonne de polluants émise. Une partie de ces revenus sera redistribuée aux citoyens, afin de les aider à assumer l’augmentation des prix qui résultera de cette taxe. Tout le reste des revenus recueillis grâce à la taxe sera distribué aux entreprises qui opteront pour des modes de production moins énergivores. Le but est simple : transformer l’économie du pays en taxant ce qui la détruit!

Un seul ingrédient est essentiel à un tel virage, et malheureusement, il ne fait pas partie de la stratégie du gouvernement Harper : il s’agit de la volonté politique de travailler à un monde où le bien commun passe avant le profit d’une minorité.

Suivez Steven Guilbeault sur Twitter au @s_guilbeault

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