Zones mortes
Un peu lugubre j’en conviens. Zones mortes, c’est le nom donné aux étendues d’eau dont la quantité d’oxygène est si faible qu’elles ne renferment quasiment plus aucune trace de vie. Cet état est causé par la présence excessive d’algues et de cyanobactéries, dont la prolifération réduit la quantité d’oxygène dans l’eau, empêchant ainsi les autres organismes de vivre.
Selon Greenpeace, on compterait plus de 200 zones mortes dans nos océans, l’une des plus connues étant située dans le golfe du Mexique, couvrant une superficie équivalente à cinq fois celle de la grande région de Montréal. Et malgré notre climat nordique qui refroidit les eaux, le Québec et le Canada sont de plus en plus affectés par la prolifération des algues.
Avez-vous vu la nouvelle campagne lancée par le gouvernement du Québec? Le gars en chaloupe qui promet à son poisson de prendre soin de son cours d’eau en utilisant des détergents sans phosphates, en entretenant régulièrement sa fosse septique et en verdissant les berges. C’est vrai que ces mesures ont un impact positif pour réduire les algues, mais ne vous attendez pas à une amélioration : l’élimination du phosphate dans les détergents ne règle que 1 % du problème.
Au Canada, la cause principale de l’éclosion des algues et des cyanobactéries est la surutilisation d’engrais agricoles, qui génèrent à eux seuls environ 80 % des rejets totaux de phosphore et d’azote dans l’environnement.
Pour se débarrasser des énormes quantités de lisier provenant des élevages, les agriculteurs le répandent dans les champs. Il suffit alors d’une bonne averse pour que le lisier se retrouve dans les cours d’eau. L’évaporation des engrais chimiques azotés, qui retombent sous forme de pluie, contribue également au problème. La solution? Mettre en place des politiques pour réduire les quantités excédentaires d’engrais agricoles.
L’an dernier à pareille date, plus de 70 cours d’eau au Québec étaient contaminés, comparativement à deux cette année. Ça va mieux? Pas vraiment. Pour des raisons économiques, le gouvernement a choisi de ne plus publier la liste des cours d’eau contaminés avant qu’ils ne représentent de véritables dangers pour les humains. Ce faisant, il nous prive d’un formidable outil de mobilisation pour régler à la source ce problème : les mauvaises pratiques agricoles.