Merci, Jack!
J’ai rencontré Jack Layton pour la première fois en 1996, dans le cadre d’une conférence organisée par le gouvernement fédéral sur les changements climatiques (à une époque lointaine où le fédéral organisait encore ce genre de rencontres).
C’était quelques mois après la première Conférence des parties des Nations unies sur les changements climatiques et après la publication du deuxième rapport des scientifiques de l’ONU, qui établissait clairement, pour la première fois, un lien entre pollution humaine et changements climatiques. Comme beaucoup d’entre nous, M. Layton était de plus en plus convaincu de l’importance qu’allait prendre la question du climat.
Jack avait alors plus de 10 années d’expérience en politique municipale, et ce qui m’avait frappé à l’époque, c’étaient les nombreuses réalisations qu’il avait déjà à son actif; programme de compostage à la Ville de Toronto, mise sur pied d’un fonds pour financer les rénovations écoénergétiques, instigation d’une série de mesures pour rendre Toronto plus «cyclable», etc.
Quelques années plus tard, Jack allait devenir le président de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et allait aider cette institution à prendre un virage vert important, notamment par la création du Fonds municipal. Ce fonds vient appuyer les municipalités qui veulent mettre de l’avant des projets pour devenir plus vertes dans les domaines de la réduction des déchets et de la consommation de l’eau et de l’énergie.
Il était ce que les anglophones appellent un Renaissance Man, un homme aux talents multiples. Je me souviens d’une réunion de l’ONU à Bonn, en 2001, où, au beau millieu de la nuit, alors que nous attendions le résultat d’un sprint final de négociation, Jack avait trouvé un piano dans le fond du centre de conférence et s’était mis à divertir la centaine de personnes alors présentes.
J’ai eu l’honneur d’être invité par la famille Layton à la «Célébration de la vie» qui avait lieu samedi à Toronto. Il fallait voir les milliers de personnes qui s’était amassées le long du parcours pour saluer une dernière fois Jack. Ce fut une célébration à l’image du personnage : touchante, drôle, vibrante et remplie d’espoir.