Herbicide 2,4-D: Québec 1, Dow Chemical 0

La compagnie Dow AgroSciences LLC (mieux connue sous le nom de Dow Chemical) en est venue à une entente avec le gouvernement du Québec à propos du fameux pesticide 2,4-D. En vertu de cette entente, Dow retire sa demande de compensation financière de 2 M$. De son côté, le gouvernement québécois convient que les produits contenant du 2,4-D ne constituent pas un risque inacceptable pour la santé humaine ou l’environnement, à la condition que les consignes figurant sur de leur étiquette soient respectées.

De plus – et ceci est de la plus haute importance – le Code québécois de gestion des pesticides est maintenu intégralement. En clair, cela veut dire qu’au Québec, il est toujours et sera interdit d’utiliser le 2,4-D à des fins esthétiques, pour l’entretien des pelouses par exemple. L’entente ne porte donc aucunement atteinte au Code de gestion des pesticides. 

Ce dossier n’était pas facile. Santé Canada a conclu que le 2,4-D était sans risque pour la santé humaine. De son côté, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a également mené des études détaillées et a conclu que, même si les risques d’intoxication au 2,4-D sont minimes, des craintes persistent quant à ses effets sur le système immunitaire et sur la santé des enfants. On le voit bien : dans le cas qui nous concerne, la science n’était pas en mesure de trancher.

Quand je parle d’une victoire dans ce cas, je ne parle pas d’une victoire spectaculaire, mais, dans le contexte d’une attaque
de la part d’une grande multinationale, le maintien intégral du Code québécois de gestion des pesticides n’est pas quelque chose d’insignifiant non plus. La chose vaut d’autant plus d’être soulignée que, dans ce dossier, Santé Canada n’était pas exactement du bord du Québec. 

Il vaut également la peine de rappeler que cette bataille contre les pesticides à des fins esthétiques a été initiée il y a plusieurs années par les citoyens de la municipalité de Hudson, en banlieue ouest de Montréal. Ceux-ci ont dû se rendre jusqu’à la Cour suprême du Canada pour sauvegarder le règlement antipesticides de leur municipalité.

Vous pouvez aussi suivre Steven Guilbeault sur Twitter à @s_guilbeault

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