Une étape de plus dans la lutte aux GES

La conférence climatique de Cancún a «livré la marchandise». Les délégations quittent avec en poche une entente sur la réduction de la déforestation dans les pays en voie de développement (la déforestation compte pour 20 % de toutes les émissions de GES) et une autre sur le transfert de technologies propres du Nord vers le Sud, notamment grâce à la création d’un Fonds vert pour venir en aide aux pays en voie de développement. Plus important encore, Cancún a chassé les fantômes de Copenhague et remis le processus multilatéral de Kyoto sur les rails.

Je dois avouer qu’à un certain moment, je croyais qu’il était impossible de voir les pays en arriver à une entente. Nous étions à 24 heures de la fin prévue des négociations, et tout semblait au point mort. Les États-Unis refusaient d’avancer sur la question des technologies parce que les Chinois refusaient de faire vérifier par l’ONU leurs efforts de réduction des GES. Les Japonais, les Russes et les Canadiens, pour leur part, refusaient d’aller de l’avant avec le protocole de Kyoto… Vous voyez le portrait!

Et puis nous avons rencontré le représentant du Canada pour discuter des changements climatiques. Un type bien qui ne doit pas toujours avoir la vie facile. Après tout, il doit défendre les positions des conservateurs de Stephen Harper! Le représentant nous a brossé un portrait très encourageant des négociations, puis il nous a dit que les «choses avançaient plutôt bien sous le protocole de Kyoto». Cette phrase peut paraître anodine, mais venant de la bouche du représentant d’un des pays qui s’opposaient encore la semaine dernière à la suite du protocole, il s’agissait d’un signe clair que les choses commençaient à bouger.

C’est alors que nous avons appris que la Chine avait elle aussi décidé de jeter du lest et que les Américains allaient faire de même. En début de soirée vendredi, la présidente mexicaine de la conférence a présenté un texte qui allait devenir l’Accord de Cancún, mais il nous a fallu attendre jusqu’aux petites heures du matin samedi (3 h 30) avant que le tout soit adopté. Tout ne s’est pas réglé à Cancún mais nous avons fait un grand pas en avant.

Les avancées

La principale réussite du sommet de Cancún, c’est la création d’un Fonds vert pour aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement. Les pays les plus riches ont promis d’y consacrer 100 G$ par an d’ici 2020, mais le texte adopté à Cancún ne précise pas comment le Fonds sera financé. Cela fera l’objet de discussions ultérieures, tout comme le dossier d’un système de compensation pour lutter contre la déforestation.

L’avenir du protocole de Kyoto, qui expirera fin 2012, était l’un des grands enjeux de la conférence de Cancún. Les pays participants ont convenu de poursuivre à Durban, en 2011, les discussions sur ce traité conclu en 1997, qui engage les pays développés à réduire de 5,2 % en moyenne leurs émissions. Les États-Unis ont refusé de le ratifier en arguant qu’il n’imposait pas aux géants émergents comme la Chine et l’Inde de limiter leurs émissions.  La Presse Canadienne

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