Notre vie est meilleure!
Lors d’une douce soirée entre amis, au détour d’une discussion anodine au sujet des manchettes du jour, une convive m’a semblé soudainement très soucieuse. Les traits de son visage se sont brusquement fermés avant de me lancer: «Je n’arrive plus à suivre les nouvelles, car j’ai l’impression que tout va mal et que la fin de monde est proche. Je ne sais pas comment je pourrais protéger mes enfants de toutes ces horreurs!»
J’ai essayé d’en savoir plus, mais avant de terminer ma question, mon interlocutrice a débité sa liste noire de mauvaises nouvelles qui la traquassent: «Tout a commencé avec le printemps érable. Je n’ai jamais été scandalisée de ma vie que lorsque j’ai vu le comportement sauvage des policiers envers les carrés rouges, m’a-t-elle avoué. J’ai aussitôt envahi la rue avec les indignés et j’ai failli même être tabassée par la police! C’était horrible. Un vrai traumatisme.»
Je lui ai dit qu’heureusement c’est du passé! «Non, m’a-t-elle soufflé avec tristesse. Juste après, j’ai milité pour la Charte des valeurs, et du coup, je me suis retrouvé impliqué à fond dans ce débat déchirant. C’était trop de peine, mais en vain.»
Le temps de reprendre son souffle, mon amie a repris son récit comme une personne secouée qui se livre sur le divan de son psy: «Et avec les horreurs de la guerre à Gaza, de l’Ukraine, de la Syrie et surtout la barbarie de l’État islamique, j’en peux plus, m’a-t-elle balancé dans le désordre. Pis, avec tous ces scandales révélés par la Commission Charbonneau et les coupures du gouvernement Couillard qui annoncent plusieurs mois de perturbations syndicales, je ne suis plus capable d’écouter le téléjournal, j’ai l’impression que plus aucune bonne nouvelle n’arrive à trouver sa place dans le toron de catastrophes qui nous frappent.»
J’ai fini par placer quelques mots. Même si le tableau est noirci, l’humanité vit moins de guerres. Nous sommes la première génération sur Terre qui vit une paix relative depuis la nuit des temps.
Je me rappelle d’un temps pas loin où les attentats terroristes secouaient les villes européennes, œuvre de révolutionnaires de tout bord. Je me rappelle de la guerre des villes entre l’Irak et l’Iran où deux pays voisins s’échangeaient des tirs de missiles sur des villes bondées de civils. Je me rappelle de l’apartheid en Afrique du Sud. Je me rappelle des guerres intestines et des génocides en Afrique au milieu de la misère et la fin. Je me rappelle des guerres du Liban, de l’Afghanistan, et les fourmilières révolutionnaires macabres de l’Amérique latine quand notre planète était séparée en deux par le rideau de fer!
À notre époque, alors qu’Obama et Poutine s’intimidaient par conférence de presses interposées au sujet de l’Ukraine, Sharapova et ses consœurs, les sirènes du tennis russe, faisaient leur spectacle à Flushing Meadows de New York devant un public conquis. Une réalité impensable à l’ère de la guerre froide, il y a à peine 25 ans!