Victime d’un infarctus, il escalade le mont Washington
Il a réalisé cet exploit en compagnie de quatre autres membres du Centre de médecine préventive et d’activité physique de l’institut de cardiologie de Montréal (ÉPIC). Épaulés par le personnel du Centre ÉPIC, ils sont allés au bout des 1 916 mètres du mont Washington, le mois dernier.
« L’idée a été lancée par Michel Filion, à la suite d’un problème cardiaque. Séduit par le projet, un groupe s’est constitué sur la base du volontariat, explique Martin Ouellet, victime d’un infarctus à 53 ans. Je suis le moins éclopé du groupe. Il y en a qui ont eu des stimulateurs cardiaques ou un dysfonctionnement de valve cardiaque; des personnes qui, techniquement, ne pouvaient pas faire ce genre d’ascension », ajoute le résident de Mercier-Ouest.
Travail musculaire, entraînement cardio-vasculaire, mais aussi endurance, les participants ont été encadrés par plusieurs professionnels.
« Il y avait une quinzaine de personnes volontaires au début. On a dû choisir celles qui répondaient à certains critères. Les participants ont été soumis à trois tests à l’effort avant de partir et se sont entraînés pendant un an », explique Marie-Josée Dubord, kinésiologue, qui a encadré le projet.
Dépassement de soi
Grâce au programme mis en place, les participants ont pu apprendre à mieux se connaître et à se dépasser.
« Personnellement, je faisais déjà du sport avant mon infarctus. J’ai donc continué après. C’est pour cela que l’ascension a été plus aisée pour moi que pour d’autres. J’ai eu des encouragements de tous les bords. Ma famille, tout comme mon cardiologue, m’a dit: » c’était grand temps que tu le fasses! « . Je me suis senti soutenu. »
Médecin, kinésiologue et nutritionniste ont accompagné le petit groupe au sommet du mont.
« Au début de l’ascension, on se sentait nerveux, fébriles et même un peu inquiets. La montagne, c’est quand même un monstre! Mais on y est allé. On a prouvé qu’on était capable », raconte M. Ouellet.
Les cinq membres du Centre ÉPIC sont arrivés au sommet après six heures d’ascension.
« C’est un véritable exploit, souligne Mme Dubord, qui a participé à l’ascension. Lors des entraînements, certains étaient déjà essoufflés en escaladant le mont Tremblant. Or, le mont Washington, c’est trois fois Tremblant. »
Avec cette aventure M. Ouellet espère prouver que tout le monde peut relever un tel défi.
« Même au Centre ÉPIC, les gens étaient étonnés. Ce n’est pas parce qu’on est cardiaque qu’on ne peut pas faire quelque chose de fou. On peut faire de l’exercice et se lancer. Il faut juste faire le premier pas, car c’est souvent celui-ci le plus difficile », avoue-t-il.
À savoir s’il referait le même choix, M. Ouellet est catégorique: « si je pouvais, je repartirai dès demain! », a-t-il affirmé dans un éclat de rire.