Quand le théâtre devient un outil de sensibilisation

Aux stations de métro, dans les parcs, aux restaurants largement fréquentés par les adolescents (McDonald’s) par exemple, les aînés de Mercier-Est et Mercier-Ouest se sentent intimidés lorsqu’ils aperçoivent un attroupement de jeunes. Souvent, ils craignent de devoir les croiser et vont même jusqu’à changer de bord de rue ou de chemin.

Cette problématique revient constamment dans un sondage sur la sécurité urbaine mené par Tandem Mercier – Hochelaga-Maisonneuve à l’automne 2012.

Pour changer cette perception et vaincre ce sentiment d’insécurité de la part des personnes âgées, Tandem a réuni des membres du Réseau des aînés de Mercier-Ouest et des adolescents de la maison des jeunes MAGI de Mercier-Ouest pour travailler à l’élaboration d’une intervention théâtrale.

Cinq rencontres ont été tenues au cours desquelles les gens ont appris à s’apprivoiser, mais surtout à mieux se connaître.

Accompagnés par l’organisme Mise au jeu, spécialisé dans le théâtre d’intervention, les participants ont ensuite créé une petite pièce de théâtre qu’ils ont présentée à l’improviste au centre d’achat Le Domaine.

« Dans la plupart des cas, les craintes des aînés ne sont pas fondées. Il y a une sensibilisation à faire de part et d’autre et c’est ce que le projet théâtral intergénérationnel a permis », explique Patricia Plante, de Tandem Mercier – Hochelaga-Maisonneuve.

Pour Suzanne, une aînée qui a pris part au projet, les ateliers ont été bénéfiques.

« J’ai rencontré des jeunes formidables. J’avais des préjugés à leur endroit et les rencontres m’ont permis de changer la perception que j’avais des adolescents. Ils sont polis et respectueux. Je suis contente d’avoir participé au projet. »

Le dialogue a aussi eu un impact chez les jeunes. Ces derniers ont pris conscience que parfois, sans le vouloir, ils peuvent projeter une image négative lorsqu’ils sont en groupe.

« Il nous arrive de nous chamailler, de nous bousculer gentiment ou encore de parler fort entre amis, ce qui peut insécuriser certains aînés. Nous ne le faisons pas méchamment, mais j’avoue que ça peut faire peur aux gens », indiquent des adolescents.

Plusieurs d’entre eux avouent avoir changé leurs comportements à la suite du projet.

« Quand je croise Suzanne, je prends maintenant le temps de la saluer d’un signe de la tête ou verbalement. Elle est super », souligne Samuel.

Mais mieux encore, Suzanne et Samuel agissent maintenant comme des agents multiplicateurs auprès de leur groupe respectif pour faire tomber les barrières.

« Tout est dans la façon d’approcher ou d’aborder les gens. Un sourire et le dialogue désamorcent bien des situations », explique l’aînée.

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