Un insecte qui coûte des millions
MHM compte près de 6300 frênes. Après une inspection faite l’an dernier, l’administration a dénombré une trentaine d’arbres contaminée. Mais par mesure de précaution, 300 frênes ont été ciblés, dans un rayon de 300 mètres des arbres infestés. Au mois d’avril, 264 arbres avaient déjà été rayés de la carte.
Un gouffre financier
Depuis trois ans, Montréal tente de limiter les dégâts, mais le budget consacré pour sauver les frênes commence à peser lourd.
Les investissements pour l’année 2014 se chiffrent à 3 400 000 $.
De cette somme, 141 000 $ sont octroyés à MHM pour s’occuper de ses frênes de rue. Il faut dire que le traitement d’un arbre moyen au biopesticide TreeAzin est de 200 $; un traitement préventif, qui est à renouveler tous les deux ans.
Besoin d’une lutte commune
Le problème est que la Ville ne peut intervenir que sur le domaine public.
Les propriétaires possédant des frênes doivent faire leurs propres démarches et payer pour les traitements.
Pour l’abattage, on peut débourser des centaines voire plusieurs milliers de dollars. Or, certains n’ont pas les moyens.
« Il est certain que c’est un coût, explique Robert Lavallée, chercheur à Ressources naturelles Canada. Mais chacun devrait faire un effort de lutte, car sinon les terrains privés vont ressembler à des pouponnières à insecte. »
M. Lavallée estime également que la population n’est pas assez informée. Un point sur lequel le rejoint Micheline Simard, résidente de Tétreaultville.
« J’ai un frêne de 30 ans sur mon terrain et je viens de recevoir une lettre de la Ville qui me demande de faire des démarches pour vérifier qu’il n’est pas touché. J’ai appelé le 311 pour obtenir des numéros, mais ils m’ont dit de trouver un spécialiste moi-même. Je veux vraiment préserver mon arbre, car il fait partie de ma vie, mais je ne sais pas vers qui me tourner », confie Mme Simard.
En mai, l’équipe de Projet Montréal avait organisé une réunion publique d’information pour les citoyens, mais l’administration de MHM indique que de son côté, aucune n’est inscrite à l’agenda.
La Ville-centre ne prévoit pas non plus mettre en place de mesures coercitives.
« Les autorités municipales peuvent recommander l’abattage d’un arbre situé sur des propriétés privées pour limiter la propagation de l’insecte, mais présentement, aucun règlement n’oblige un Montréalais à abattre un arbre sur sa propriété, à moins que celui-ci ne constitue un danger pour la sécurité de la population ».
Déjà trop tard?
Pour certains experts, le sort des frênes est déjà réglé.
« Je pense qu’à Montréal, ils vont tous y passer. On ne sait pas combien de temps va durer cette vague de l’agrile. On sera peut-être capable d’implanter une maladie qui tuera l’agrile, mais il y a beaucoup de paramètres incontrôlables. C’est un malheur pour les Montréalais de voir mourir tous ces arbres. »
En milieu urbain, les frênes servent d’écran contre le vent, atténuent les fluctuations de température et réduisent la pollution.
Pour se renseigner davantage sur les procédures et les fournisseurs accrédités, on consulte bit.ly/1eEvq6P.
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