Les chauffeurs mobilisés pour leur sécurité
À la suite du décès de Ziad Bouzid, un chauffeur atteint de projectiles en novembre dernier, le Bureau du taxi souhaite notamment imposer aux chauffeurs la géolocalisation par satellite (GPS), le bouton d’urgence et le paiement avec carte débit afin de diminuer les risques d’agression.
« Ce sont des moyens qui peuvent être dissuasifs, mais cela n’empêchera pas les agresseurs de s’en prendre à nous », de commenter un chauffeur qui préfère garder l’anonymat.
Certains de ses collègues vont plus loin. Ils espèrent que les voitures soient munies d’une caméra miniature pour capter les moindres faits et gestes de leurs clients.
En cas d’agression, le coupable pourrait plus facilement être retracé. La crainte de croupir en cellule pourrait être suffisamment forte pour décourager certains agresseurs, croient quelques chauffeurs.
« Encore là, les caméras peuvent être un moyen dissuasif, mais au niveau de la protection, elles ont un effet limité.
« Une personne en manque est prête à tuer sa mère pour de la drogue. Je ne vois pas en quoi une caméra l’empêcherait de nous attaquer. Je me retrouverais au cimetière, mais mon agresseur serait arrêté », estime un chauffeur de Taxi Hochelaga.
Ce qui semble faire consensus, c’est l’installation d’une vitre antiballes pour séparer le conducteur de son passager.
« Ce serait plus efficace, ajoute son collègue. Cela permettrait de véritablement protéger les chauffeurs, selon moi. »
Parmi les chauffeurs rencontrés, rares sont ceux qui ont été victimes d’une agression physique grave. Ces gestes sont plutôt isolés.
Par contre, les clients qui s’enfuient sans payer sont plus fréquents. Le phénomène est difficilement quantifiable, car il est rare que les chauffeurs portent plainte quand le client ne fait que prendre la poudre d’escampette sans acquitter sa course.
Ils sont plusieurs à penser que l’industrie du taxi est à la croisée des chemins. Et non pas seulement en matière de sécurité.
« Il y a beaucoup de chauffeurs dans l’industrie. Le nombre de permis devrait être revu pour nous offrir des conditions acceptables. Nous travaillons 12 heures par jour pour à peine le salaire minimum.
« Des services comme Communauto, Car2Go ou même l’implantation d’autobus express par la Société de transport de Montréal (STM) ne cessent de gruger une partie de notre clientèle. Le marché est rendu très difficile et la concurrence est partout », rapportent les chauffeurs rencontrés.
Le dossier est loin d’être simple. Les chauffeurs entendent bien profiter des consultations publiques de la Commission sur les transports et les travaux publics pour exprimer leurs doléances et tenter d’apporter des changements majeurs à leur industrie.