Des propriétaires aux prises avec des problèmes de fissures
Le bâtiment de M. Millette a été construit sur un sol argileux. En période de sécheresse, l’argile se contracte, entraînant avec lui les fondations des immeubles, causant du coup une série de problèmes.
Le temps chaud et les faibles précipitations de la dernière saison estivale ont favorisé l’apparition soudaine de lézardes. Le propriétaire en compte plusieurs dans sa demeure.
« Le phénomène est cyclique et récurrent, mais jamais de cette ampleur. Cette année a été pire que les années précédentes », avoue-t-il.
Le père de famille n’est pas seul. Son voisin, Rosaire Belley, est dans la même situation. Des fissures ont aussi fait leur apparition à divers endroits sur sa propriété.
Inquiet de la tournure des événements, M. Millette a contacté des entrepreneurs en construction pour obtenir une soumission sur les correctifs à apporter. La facture est salée.
Il devra faire installer des pieux qui s’appuieront sur une base solide. Le coût de cette opération, plus de 75 000 $, si les travaux sont nécessaires sur les quatre façades de sa demeure. Et encore, il s’agit d’un estimé sommaire.
« C’est difficile d’obtenir des informations sur le sujet. J’ai fait des appels auprès des députés provincial et fédéral, tout le monde se lance la balle », se désole M. Millette
Aide financière?
Dans le passé, la Ville de Montréal offrait une subvention spécifique aux propriétaires immobiliers touchés par des problèmes de fissures à leur demeure. Or, celle-ci n’existe plus.
L’indemnité, sous sa forme initiale, a été abolie. Elle est désormais comprise dans un programme plus large, celui des « Rénovations résidentielles majeures », indique-t-on du côté de la Ville de Montréal.
« L’aide continue. Le soutien particulier aux fondations est inclus dans celui qui touche l’ensemble de la structure. Le processus d’évaluation des demandes est le même.
« Apparemment, la quantité de demandes reçues pour le programme de maisons lézardées était insuffisante pour en justifier l’existence, ce qui explique cette modification », indique Patricia Lowe, des relations médias à la Ville-centre, concédant que l’existence du programme est méconnue de la population.
Pour être admissible à cette aide financière, le projet soumis doit répondre à plusieurs critères en lien, notamment, avec le type de bâtiment, sa valeur foncière, la nature des travaux et leur coût. L’emplacement de l’édifice est également pris en compte.
Sur le territoire de l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM), le programme d’aide est limité aux immeubles se trouvant dans la zone circonscrite par la rue Moreau, la rue Sherbrooke, la rue de Chambly, la rue Hochelaga, l’avenue Aird, la rue de Rouen, la rue Viau, la voie ferroviaire et la rue Notre-Dame.
Tout le secteur est situé dans la portion Hochelaga-Maisonneuve. Rien pour les résidents de Mercier-Ouest et Mercier-Est.
MM. Millette et Belley trouvent cette situation aberrante et souhaitent faire changer les choses. Les deux citoyens font actuellement circuler une pétition pour mettre de la pression sur la Ville de Montréal, afin qu’elle corrige cette iniquité.
Une page Facebook a été créée (Montréal maison lézardée) et il est possible de joindre les deux citoyens au 514 354-1707 (M. Belley) et au 514 642-9123 (M. Millette) pour participer à leurs démarches et faire entendre sa voix auprès des instances municipales et du gouvernement du Québec.
En collaboration avec Daphnée Tranchemontagne