La boxe pour tous dans Mercier
C’est que la clientèle de cet organisme sans but lucratif (OSBL) a beaucoup changé en huit ans. « Au début, nous entraînions surtout les jeunes participant au programme Sport-études du ministère de l’Éducation et certains jeunes du milieu carcéral. Maintenant, on a une clientèle plus variée », explique Douggy Bernèche, copropriétaire du club.
Les membres ont l’opportunité d’avoir des cours de cardio privés, semi-privés ou en groupe. L’organisme coordonne également plusieurs événements. « On fait beaucoup de galas de boxe amateur. Sur tous les clubs au Québec, nous avons été celui qui a organisé le plus d’événements de boxe en 2012 », indique le copropriétaire qui est également entraîneur de boxe.
Les préjugés
Selon M. Bernèche, la boxe demeure un sport populaire, mais souffre de plusieurs préjugés. « Vu que c’est un sport de combat, les gens s’imaginent que c’est juste des délinquants qui le pratiquent. Ce n’est pas le cas », fait savoir M. Bernèche. Ainsi, il donne en exemple la clientèle féminine s’entraînant au club. « Au niveau compétitif, les femmes constituent 5 % de nos membres. Alors qu’au niveau récréatif, c’est 26 % », souligne le copropriétaire.
D’ailleurs, l’une des boxeuses du club, Caroline Veyre, a remporté la médaille de bronze chez les moins de 57 kg lors des Championnats continentaux de boxe, qui se sont déroulés à Puerto La Cruz, au Venezuela. « Caroline est un excellent exemple que nous n’avons pas que des bums ici. », ajoute M. Bernèche.
Mme Veyre confie être arrivée au Club de boxe par un hasard de circonstance. « J’ai commencé à le fréquenter par curiosité, se rappelle-t-elle. Je voulais me mettre en forme, mais je n’aimais pas vraiment la musculation. Je cherchais à faire un sport de combat. Le club se trouvait non loin de chez moi près du métro Frontenac. » Entre temps, celui-ci a déménagé dans de nouveaux locaux situés dans le quartier de Mercier. Le nouvel emplacement du club n’est toutefois pas un problème pour elle puisque Mme Veyre continue de venir s’y entraîner. « J’aime beaucoup ce club », avoue l’athlète.
Et leurs effets
Selon M. Bernèche, ces fausses croyances nuisent beaucoup aux clubs de boxe. « À cause d’eux, c’est très dur d’avoir du financement pour nos événements » , confie-t-il. Ainsi, la majorité des clubs doivent se battre pour attirer des commanditaires qui ne sont pas toujours enthousiastes à l’idée de financer des galas de boxe. « C’est plus facile lorsqu’on invite Lucian Bute ou Jean Pascal, reconnaît M. Bernèche. Mais la communauté d’affaire ne se rend pas compte que pour rendre un jeune boxeur à ce niveau de compétition, il faut l’entraîner. » Malgré tout, le jeune entraîneur certifie que le Club de boxe de l’Est poursuivra ses activités.
En bref
Fondé en 2005 par Daniel Trépanier et Douggy Bernèche, le Club de boxe de l’Est compte aujourd’hui plus de 500 membres, dont 38 boxeurs faisant de la compétition de niveau amateur et deux de niveau professionnel.
Pour plus d’information : 514 658-2491.
Rémy-Paulin Twahirwa