Lettre à l’ex-président Nicolas Sarkozy
Cher Nicolas,
Au moment d’écrire ces lignes, nous apprenons que les Français ont voté pour que tu perdes ta job de président de la République. On sait que tu ne l’attendais probablement pas celle-là il y a quelques mois à peine. Le fait que ton peuple a appris que tu avais accepté 50 millions de Kadhafi, mais surtout tes photos avec un sombre individu nommé Jean Charest ont, selon nous, fortement nui à ta cause.
Sans oublier le fait que tu as tenté de faire une campagne de peur, tout en insultant avec arrogance tout le monde sur ton passage, journalistes inclus. Évidemment, nous ne pouvons qu’imaginer comment ça a dû enrager la nation; nous sommes au Québec, où jamais un «leader» ne se comporterait de la sorte.*
Nous avons eu dans notre carrière la chance de parler à plusieurs chefs d’État et politiciens d’importance. Ton prédécesseur, Jacques Chirac, était longuement resté en ligne avec nous, et ce, malgré notre menace HORRIBLE d’envoyer plus d’artistes d’ici comme Garou et Natasha St-Pier dans votre pays. Il faut être un vrai gentleman, avouons-le. Pas ton genre. Non.
Tu seras content d’apprendre que tu remportes de loin la palme de celui qui a le pire caractère! Avant même que nous te disions que nous n’étions pas vraiment «Stephen Harper», après quelques gros mots à notre endroit, tu as raccroché furieusement! Faut dire que nous avions parlé de t’inviter à un dîner de con avec Bush. Ton caractère bouillant l’avait encore emporté. Cela t’avait valu quelques critiques en France. Encore une fois, il nous est bien difficile de comprendre ça au Québec.**
Dans la récente campa-gne, c’est aussi un peu la même chose qui t’a trahi. Ton équipe de conseillers et toi-même êtes dorénavant au chômage. Tu vas être pogné 24 heures sur 24 à la maison avec Carla Bruni, qui te demandera ce que tu penses de ses nouvelles chansons. Ce sera littéralement abominable. On sait ce que c’est, la musique plate. (Voir référence plus haut à deux artistes qu’on vous a gentiment «shippés».)
C’est pourquoi nous aimerions vous proposer (à toi et à tes conseillers) de venir au Québec pour l’élection qui s’en vient, question de prêter main-forte à votre ami Jean Charest.
En terminant, il est à souhaiter que le président Hollande, lorsqu’il arrivera à l’Élysée, puisse te paraphraser avec délectation quand il te verra faire tes boîtes : «Allez, casse-toi, pauvre con!»
* Nicolas, même si c’est imperceptible pour toi, cette phrase est ultra ironique pour nos lecteurs québécois. Voir référence très subtile plus haut.
** Là, ça a l’air assez clair que c’est du sarcasme. Si tu comprends pas, lis donc les journaux. Tu as du temps libre maintenant anyway…
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.