Touche pas à mon signe!
Ah ben mes vous-autres! J’écris une chronique sur l’abus de diamants : 16 thumbs up, une chronique sur les phonys hypocrites : 46 thumbs up. Ma dernière chronique sur notre signe du zodiaque qui aurait changé depuis l’ajout du Serpentaire : 151 thumbs up d’amour facebookien. 151! Fuck les chroniques, je me lance dans l’horoscope!
Pourquoi ça nous a tant troublés? Est-ce que secrètement on regarde tous dans le journal le matin voir si Jupiter est en notre faveur? Nha. Un mot : identité. J’ai pas ouvert la page des horoscopes, même pour le fun, depuis des années, mais malgré tout, je voulais savoir : «C’est quoi c’t’histoire que je ne serais plus Verseau?» Quand on touche à notre identité, y a trois chiens de garde armés d’AK-47 qui foncent au front.
Pourtant… Le fait d’être Verseau avait autant de poids dans ma vie que le fait de perdre mes cheveux. La plus petite infime partie qui nous compose, si elle est attaquée, on panique. «Quoi? Mon école est cotée pire école de la ville?» «Les Québécois seraient paresseux!? Pfff!» «Ta génération est meilleure que la mienne? Pantoute!» « J’suis pu Balance? Va donc!» La question. À force d’associer notre estime à des choses extérieures, sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle, ça se pourrait-ti qu’on devienne un peu perdus?
C’est bon un sentiment d’appartenance, mais ça reste un sentiment. Un sentiment, c’est variable, malléable, mais lorsqu’il passe de sentiment d’appartenance à certitude identitaire, c’est fini. On devient aussi flexibles que des cubes de béton en béquilles. C’est là que la marde pogne. Mon signe meilleur que ton signe! Mon école meilleure que ton école! Ma génération meilleure que ta génération! Mon pays meilleur que ton pays! Ma religion meilleure que ta religion! Bref, MOI meilleur que TOI!!
???
Je me plogue. Je suis le nouvel animateur des Mercredis Juste pour rire. Ça commence cette semaine au Café Campus à 20 h. «Quel jour de la semaine?» Heeee… si t’as pas allumé, viens pas. Tu vas comprendre aucune joke de toute façon. Les autres, venez en grand nombre. C’est une chance de voir plein d’humoristes de la relève de calibre. Puis, vous verrez de quoi ç’a l’air quand je troque ma plume pour un micro. Au plaisir.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.