Bienvenue à Phony land
Bienvenue, mes amis, à Phony Land! Là où tous les manèges sont accessibles! À condition d’avoir, non pas la bonne taille, mais le sourire adéquat.
Quoi de plus frustrant que de voir un ou une licheux ou licheuse, hypocrite, fake, passer devant soi? Avoir le poste, le crédit, l’appréciation de tous et chacun? Alors que vous, pauvre honnête, vous êtes étiqueté : frustré, sauvage, impoli, sans ambition. C’est ça, Phony Land. Un parc d’attractions où on n’a pas besoin de se mettre sous une ligne, mais on se fait demander de licher une paire de fesses en latex. Si le lichage est bon, vous embarquez. Sinon, out! Allez lancer un frisbee dans un parc, maudit fucké!
Si j’ai déjà été phony? You bet! De ma naissance à 14 ans, j’ai déménagé 19 fois, fréquenté 8 écoles. Être phony était un moyen de survie. Je souriais toujours et j’étais d’accord sur presque tout. Je gardais le silence, mais en dedans…. Ça a mijoté pendant 15 ans à 450 oF. Et voilà, un humoriste à votre service cuit al dente! La recette de pas mal tous les humoristes d’ailleurs.
Il y a bien sûr des politesses d’usage. Ne pas dire ce qu’on pense réellement de sa belle-mère au souper de Noël, c’est pas être phony, c’est savoir vivre.
Ça peut faire un frette de crier: « Non, je le sais pas quand on va vous faire des ptits bébés!! Achète toé un chat si t’as des pulsions de materner!!! Je prendrais les patates SVP.»
Peu importe l’âge, être phony, c’est comme sacrer un coup de poing sur la gueule. Pour la survie, se défendre, se protéger, quand on n’a pas les outils, correct. Mais faire son chemin en sacrant des coups de poing dans face du monde? Même chose avec le phony. Ceux qui avancent, font leur chemin à grands coups de sourires, de lichage, de mensonges, d’hypocrisie, ne méritent pas plus notre respect que le bully dans la cour d’école qui fait son chemin à coups de bobettes tirées dans craque.
Dans le fond, on va se le dire. Y a de la jalousie. Y en a qui savent jouer la game mieux que d’autres. Être pris dans le coin de la patinoire parce qu’on ne sait pas patiner, c’est frustrant. Avancer moins vite à la job ou être moins apprécié dans notre entourage parce qu’on ne sait pas licher, c’est tout aussi frustrant.
Est-ce qu’il y a un prix de consolation à ne pas faire tous les manèges de Phony Land? Sûrement. On rencontre du monde le fun au parc à frisbee.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.