Le pétrole invisible
La confiance! Je coupe ça court, une métaphore de pétrole invisible. Je suis comme ça. Parfois j’aime aller droit au but. Si seulement j’avais la même habitude avec les femmes…
La confiance est, à mon humble avis, une des richesses les plus convoitées sur terre. Une richesse sans poids, sans brillance, sans valeur de rechange, mais ô combien lourde de conséquences. La confiance d’aller vers le sexe opposé. La confiance de foncer dans ce métier rêvé. La confiance de laisser cette personne qui nous fait si mal. La confiance de dire cette chose qui nous fait si peur. La confiance de monopoliser le plancher de danse, quitte à avoir l’air de Francine Grimaldi en transe : «Ben oui! Je danse avec un bol de fruits su’a tête… Ouin pis!»
La confiance, c’est l’essence de l’action, du talent. Les Tiger, Federer, Zidane, Ovechkin de ce monde n’ont pas un baril, mais une mer de pétrole de confiance! Du talent aussi. Mais qu’est-ce que les commentateurs ne cessent de louanger? Leur confiance. Qu’est-ce qu’une recrue dans la NBA, la NFL ou la LNH a hâte de retrouver? Sa confiance. Qu’est-ce qu’un boxeur essaie de briser, à part le nez de son adversaire? Seulement avec des mots, des menaces? La confiance de l’autre. Parce qu’il sait qu’un adversaire sans confiance, c’est un adversaire KO d’avance.
Dans la vie de tous les jours aussi, on en trouve, des briseurs de confiance. Des siphonneux de gaz. Vous savez de qui je parle. Les dénigreurs. Les manipulateurs. J’ai vu trop de cabochons confiants faire des jobs qu’un insécure beaucoup plus qualifié devrait faire. Le douteux est assis sur un moteur de 500 chevaux-vapeur de talent, mais aucune confiance pour le faire fonctionner. Puis à côté passe le cabochon plein de confiance, avec sa minoune deux poneys-asthmatiques-vapeur.
Dans quel sol on trouve ça, du pétrole de confiance? Être un dessin animé de Walt Disney, je dirais, avec une grosse voix grave : «En tooooi!» Pis là, y’aurait une chanson interminable avec des kangourous en toxedo. Mais bon, vous n’avez pas cinq ans, pis vous le savez déjà. Donc, à toi mon douteux, ma douteuse. GO! Prends le bord! Prends la parole! Prends le dance floor! Surtout, prends la job! Chus tanné de voir des cabochons à ta place. Ah pis, vas-y Lefebvre : «Jessica, je t’aime.»