Loin du compte pour les aînés
On est loin du compte quand on regarde le plan d’action mis de l’avant par la ministre des Aînés cette semaine. Cette annonce se voulait la suite logique d’une vaste consultation sur la condition des aînés. Une initiative qui n’est pas mauvaise en soi, mais qui n’aura pas permis d’atteindre la cible…
On a vraiment l’impression que chaque fois qu’un plan d’action est mis de l’avant par le gouvernement, celui-ci applique la même recette. Il met sur la tablette la vision d’ensemble et valorise une approche en silo qui comprend une campagne de publicité, des mesures éparses et des sous ici et là pour nous indiquer que des efforts sont faits.
On rêve du jour où un gouvernement aura l’audace d’aborder une situation autrement, de manière globale. Cette fois-ci pourtant, l’occasion était bonne. Le maintien à domicile, par exemple, est un dossier qui peut laisser toute la place à l’imagination et à la créativité des milieux. Il faut savoir que déjà 101 entreprises d’économie sociale veillent chaque jour au maintien à domicile. Ce sont des coopératives et des OSBL qui ont trouvé une façon, avec bien peu de moyens, de maintenir l’indice du bonheur des personnes âgées. Accompagnement, soutien aux tâches ménagères et à l’entretien, «popote» roulante sont autant de services rendus pour alléger le quotidien de milliers d’aînés.
L’un des signataires de «Préparons l’avenir avec nos aînés», fruit de la consultation publique sur les conditions de vie des aînés, le Dr Réjean Hébert, avait tenté de tracer la voie. Il imaginait une politique sur les aînés qui engagerait les différents groupes sociaux. Il défendait un investissement de 500 M$ par année en maintien à domicile. Une somme importante, on en convient, surtout dans un contexte financier difficile, mais qui aurait permis de maintenir l’enracinement des personnes dans leur milieu et aussi d’économiser 375 M$ en infrastructure.
Faire confiance au milieu, lui donner les outils pour agir avec un certain degré de flexibilité : voilà une recette qui pourrait faire la différence dans la qualité de vie des aînés et de ceux qui veillent à leur bien-être. Pour l’instant, on est bien loin du compte.