Un problème d'intégration pour les immigrants
Combien de nouveaux arrivants le Québec doit-il accueillir? La question a refait surface cette semaine lorsque l’Action démocratique du Québec a déposé une motion en chambre demandant de maintenir ce nombre à 45 000 personnes par année. Le sujet n’est pas anodin. Cela représente l’équivalent du nombre d’électeurs d’un comté, et ce, chaque année. Il est vrai que le Québec connaît et connaîtra une pénurie de main-d’ouvre importante…
Le problème est que le taux de chômage chez les immigrants dépasse largement celui du reste de la population. Une étude de Statistique Canada a démontré que c’est au Québec que l’écart était le plus important, c’est-à-dire que le taux passe du simple au double, de 7,3 % dans la population en général à 13,4 % pour les immigrants. Une marge qui commande que l’on s’interroge sur notre capacité à bien intégrer ceux qui choisissent le Québec pour venir y vivre et, souhaitons-le, y prospérer.
Quitter l’endroit où se trouve notre famille pour s’installer dans une nouvelle patrie ne se fait pas sur un coup de tête. On fait ce choix parce que l’on croit que l’endroit choisi nous offrira de meilleures perspectives d’avenir. L’ambition des nouveaux arrivants n’est certes pas de se retrouver à occuper un emploi inférieur à ce pourquoi ils ont été formés.
D’ailleurs, le taux de chômage ne fait pas état des déceptions de ces personnes qui, avec un diplôme en poche, occupent des emplois loin de correspondre à leurs compétences. Avant d’augmenter le seuil d’immigration, il faut se demander comment bien accueillir les personnes que nous recevons déjà. La ministre de l’Immigration, qui a promis un plan d’action d’ici la fin du mois de mars, aurait dû présenter un plan avant d’augmenter les seuils.
Outre la langue, il y a les compétences. L’intégration économique faciliterait grandement l’intégration sociale. Le milieu de travail joue clairement un rôle crucial pour assurer une bonne compréhension de la société choisie. Avant de procéder à une augmentation des seuils, le gouvernement doit être à même d’offrir une certaine garantie à ceux qui sont déjà ici ou qui viendront se joindre à nous. Des gestes concrets doivent être posés. Les résultats devront se mesurer non seulement par l’intégration au travail, mais aussi par la qualité du travail trouvé.