Lendemain de veilleVision durable recherchée

Jean-René Préval, le président d’Haïti, a confié au Conseil électoral provisoire le mandat d’organiser un scrutin le 28 novembre prochain.

Pourquoi des élections à ce moment-là? Pour certains, c’est trop tôt, et toute l’énergie devrait
être consacrée à la reconstruction. Pour d’autres, c’est trop tard, la performance du président en temps de crise ne justifie pas d’allonger davantage son mandat. Chose certaine, le moment est parfait pour ceux qui veulent que le dossier d’Haïti demeure sur le dessus de la pile.

Le 12 janvier 2010 à 16 h 53, le monde s’est arrêté, tous les regards se sont tournés vers Haïti. Après plusieurs jours de couverture en continu et d’émissions spéciales, la vie ici a repris son cours. Chacun est retourné à son quotidien en se disant que le monde s’était mobilisé pour Haïti. L’avenir, bien qu’incertain, du pays avait maintenant plein d’anges gardiens pour veiller sur lui. La vie pouvait reprendre. Ayant inauguré les travaux de reconstruction il y a deux semaines à peine, la commission chargée du projet suscite plus de scepticisme que jamais.

Cinq mois après la catastrophe qui a causé quelque 250 000 morts et précipité plus de 1,5 million de personnes dans la détresse, bien peu de choses ont avancé. Les Haïtiens doutent. Il y a quelques jours à peine, au lendemain du G20, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, mettait en garde la communauté internationale : la reconstruction ne pourrait se faire sans ressources. Seuls 40 M$, sur les 5,7 G$ promis, sont arrivés à bon port.

Une élection sans corruption, transparente et présentant des candidats motivés par le sort du pays et non par leur propre avancement pourrait agir comme ciment pour cette communauté. Tout en gardant la cause haïtienne à l’avant-plan international, le scrutin pourrait être une première étape vers une plus grande cohésion, un pas vers l’autonomie. Se reconstruire n’est pas chose simple. Se réinventer est encore plus difficile. Souhaitons que les candidats qui décideront de poser leur candidature sauront présenter non seulement un projet concret de reconstruction, mais une vision d’avenir durable.

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