Commission Bastarache: un piège pour qui?

La nouvelle commission qui s’enclenche au Québec est-elle un piège pour Jean Charest ou pour Marc Bellemare? Seul l’avenir le dira. Chose certaine, les deux protagonistes n’ont pas fini d’en découdre.

La semaine qui s’achève prouve une fois encore que la décision de Jean Charest n’aura pas réussi à mettre le couvert sur la marmite. Au contraire, depuis qu’il a mis en branle une commission d’enquête sur le processus de nomination des juges, la grogne n’a cessé de monter.

À choisir, la population aurait largement préféré une commission sur la construction et le financement des partis politiques. Jean Charest en a décidé autrement, pensant sûrement qu’il parviendrait à diminuer un peu la pression. Au contraire, les problèmes de fonds restent présents, et la commission Bastarache lui apporte de nouveaux maux de tête.

Depuis la nomination de l’ex-juge de la Cour suprême, il ne se passe pas une journée sans que la commission attire l’attention. Après la démission du procureur Pierre Cimon, le début des travaux apporte son lot de rebondissements. Le Parti libéral pourra agir à titre de participant, mais pas l’opposition officielle. Quant à Marc Bellemare, celui par qui tout est arrivé, il ne compte pas témoigner.

Après avoir refusé de comparaître devant le Directeur général des élections, voilà qu’il considère le forum du juge Bastarache comme «un piège à cons». Si le plan de Marc Bellemare n’est pas clair, ses interventions contribuent à faire durer le supplice de Jean Charest. C’est toutefois une arme qui pourrait se retourner contre lui. La confiance que lui accordent les citoyens pourrait s’étioler si jamais il n’allait pas au fond de l’histoire.

La décision du juge de ne pas reconnaître l’opposition officielle comme participant ajoute à la confusion. Bien que la période étudiée couvre des années de gouvernement péquiste, l’opposition ne pourra pas questionner les témoins.

Bien mal partie, cette commission s’avère être davantage un piège qu’une solution pour le premier ministre. Les choses auraient pu être différentes s’il avait enclenché la bonne commission ou, à tout le moins, si le mandat de celle-ci avait été délimité par un tiers, comme ce fut le cas pour la commission Oliphant à Ottawa. C’est d’ailleurs ce qu’avait suggéré l’opposition…

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