Retour à la case départ
En annonçant le changement de processus d’attribution des places en garderie, Tony Tomassi ramène la situation à la case départ. Après avoir soutenu pendant des semaines que tout allait pour le mieux, il décide de mettre en place des mesures pour renforcer le réseau des garderies. Après avoir reculé, il y quelques semaines, en interdisant l’enseignement religieux en milieu de garde, il s’agit d’un nouvel aveu d’échec.
Le ministre de la Famille redonne maintenant aux organismes régionaux un pouvoir de recommandation. Cette façon de faire, instaurée par le Parti québécois, avait pourtant été mise sur les tablettes par la ministre Courchesne.
Trop peu, trop tard. Ce changement de cap n’a pas réussi à calmer le jeu. Bien au contraire. Voilà qu’en plus de l’opposition, les dirigeants des garderies privées demandent la tête de Tony Tomassi. Dès son arrivée au pouvoir, le Parti libéral avait aussi ouvert les places à 5 $ en garderies privées. Une décision qui avait suscité la grogne dans le milieu des CPE. Ils se considèrent maintenant comme les victimes de l’incompétence du ministre.
Pendant ce temps, Nicolas Girard, porte-parole de l’opposition, continue d’enfoncer le clou. Il pose des questions qui entretiennent des soupçons de favoritisme en lien avec le financement du Parti libéral. Le ministre serait intervenu dans l’allocation de permis et de places, ce qui aurait donné lieu à de la spéculation. Comme si ce n’était pas assez, des questions sont posées sur les entreprises appartenant au ministre et à ses proches.
En plus de l’opposition, le vérificateur général a décidé de se pencher sur la question. À cause du contexte ou de la simple routine, il est temps que Renaud Lachance se penche sur ce ministère. On parle d’un budget important en forte croissance qu’il est urgent d’inspecter.
À voir comment les choses se déroulent, il n’y a pas que les règles d’attribution des places en garderie qui risquent de retourner à la case départ. Clairement, l’opposition a identifié le maillon le plus faible du cabinet Charest. Ce dernier le défend d’ailleurs bien mollement. Un éventuel remaniement ministériel pourrait bien renvoyer le ministre Tomassi sur le banc des députés avant la fin de la session parlementaire.