En déficit de crédibilité

Chaque année, le ministère des Finances organise un rituel pour son budget. On enferme des analystes, des journalistes, des représentants de la société civile et des élus pour prendre connaissance du plan de dépenses et de revenus du gouvernement. Comme les années précédentes, j’étais loin de m’attendre à
une révolution en pénétrant dans ce huis clos.

Depuis quelques semaines, les messages discordants nous laissaient présager un budget sans histoire. Pourtant, dès la lecture des premières lignes, on se rend vite compte que l’audace est au rendez-vous. Le courage du ministre des Finances mérite d’être salué. Cela étant dit, seul le temps nous dira si son objectif de remettre d’aplomb les finances publiques sera vraiment atteint.

Pour maintenir les services maintenant et à long terme, le gouvernement annonce que les citoyens devront consentir à 31 % des efforts, tandis que, de son côté, l’État contribuera à hauteur de 62 %. Le problème, c’est que l’on sait exactement d’où viendra notre part : hausse de la TVQ, taxe sur l’essence, nouvelle taxe santé, hausse de l’électricité, hausse des frais de scolarité et nouvelle franchise pour les soins de santé.

Pendant ce temps, la part du gouvernement est encore bien incertaine. En la matière, la feuille de route du gouvernement est inquiétante. Sa crédibilité nous permet de douter. Année après année, la prévision de croissance des dépenses ne s’est pas avérée juste. Qu’est-ce qui nous permet de croire que ce sera le cas cette fois-ci?

Le Québec n’a pas les moyens d’investir plus dans ce qui ne fonctionne pas. S’il faut payer davantage pour préserver notre panier de service, le gouvernement doit nous assurer que les sommes investies seront utilisées de manière optimale. Or, cette garantie n’est pas dans le budget. Ce budget, sans être LA solution, est une amorce qui a besoin d’être ajustée.

Alors que l’on sait depuis longtemps que le Québec se dirige vers un mur, le gouvernement aurait pu agir bien avant. Aux commandes depuis sept ans, Jean Charest s’est plutôt entêté à dire qu’il n’y avait pas d’urgence, alors qu’il aurait dû revoir les façons de faire et donner plus de flexibilité aux gens sur le terrain. Il est maintenant en déficit de crédibilité.

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