Excusez-moi
Excusez-moi, j’ai l’impression de radoter. Encore une fois, je vais écrire sur le sujet de la construction. Même si je crois avoir été claire au cours des dernières semaines, il est important de garder les yeux sur la balle. Sinon, la nécessité d’une enquête publique tombera dans l’oubli et le gouvernement aura gain de cause et n’en fera qu’à sa tête.
Comme le syndicat des policiers de la Sureté du Québec, comme les procureurs de la Couronne, comme la CSN et comme une très vaste proportion des citoyens du Québec, je crois qu’il est indispensable qu’il y ait une commission d’enquête publique afin de faire la lumière sur l’attribution des contrats d’infrastructures, les façons de faire dans le secteur de la construction et les possibles liens avec le financement des partis politiques. Trop de dommages ont été faits. Le lien de confiance a été brisé à trop de niveaux.
Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, dit que l’on doit procéder dans l’ordre. C’est justement ce que veulent les citoyens. Ils veulent que l’on dégage une compréhension sur le système avant de procéder à l’adoption de mesures ici et là.
Les projets de loi pleuvent à l’Assemblée nationale. Chaque nouvelle allégation est une motivation de plus pour ajouter au menu législatif. Difficile d’être contre la vertu. Toutefois, une question se pose : est-ce que davantage de règles changeront la nature du problème? Le rapport du vérificateur général nous apprend que le ministère des Transports a contourné ses propres règles.
Il y a un malaise. On a l’impression que le gouvernement est en train de créer un écran de fumée qui empêche de voir l’ensemble du portrait. L’action du gouvernement devrait satisfaire. On n’a pas besoin d’en savoir plus, semble dire le premier ministre. Je serais la première à dire que ce serait la bonne chose à faire, si on avait un portrait juste pour guider l’action.
Il importe, bien évidemment, de circonscrire le mandat et de confier les rênes d’une telle opération à des gens qui sauront encadrer l’opération. À force de s’isoler et de refuser une commission d’enquête, le gouvernement Charest donne de plus en plus l’impression qu’il a quelque chose à cacher.