Chaise musicale électorale
Les semaines se suivent, mais ne se ressemblent pas. Il y a quelques jours à peine, Michael Ignatieff portait le sort du gouvernement sur ses épaules. Un caucus libéral plus tard, le fardeau appartenait à Jack Layton, qui s’est empressé de relayer le poids à Stephen Harper. On assiste à un véritable jeu de chaise musicale à Ottawa, où les partis tentent de faire porter à l’autre le fardeau de faire fonctionner le gouvernement minoritaire.
Cette semaine, le chef du Parti libéral a enfin mis les choses au clair : il n’appuiera plus le gouvernement. Malgré les affirmations de son chef, Thomas Mulcair a pris la balle au bond. Il s’est dit prêt à discuter pour éviter la tenue d’une élection jugée non nécessaire.
Il ne faut pas se surprendre de cette initiative. Le parti le moins prêt à retourner aux urnes est sûrement celui de Jack Layton. Malgré le ton conciliant de ce dernier, il serait pourtant surprenant de voir une alliance NPD-Conservateur. Sur le spectre de la pensée politique, il ne peut pas y avoir de visions plus opposées à Ottawa.
Le chef libéral a laissé entrevoir les enjeux qu’il souhaite prioriser. Copiant le thème de la campagne de Barak Obama, M.Ignatieff a bien martelé un We can do better. Il faut faire mieux. S’il est souhaitable que nos élus aspirent à mieux, rien dans son discours n’a semblé renouveler le genre. Il est qui il est. Son ton et son approche sont maintenant connus et il n’y aura pas de surprise une fois la campagne déclenchée.
Dans ce nouvel épisode de la politique canadienne, ce qui déçoit, c’est de voir les formations politiques jouer aux échecs. Les électeurs ne sont pas dupes des beaux discours, alors que la stratégie prend le pas sur le contenu. Alors que l’économie commence à prendre du mieux, la plus belle promesse qui pourrait venir serait de faire fonctionner le parlement. Cela implique qu’il faut travailler avec les partis d’opposition pour bâtir la meilleure gouvernance qui soit, et ce, pour l’ensemble des citoyens.
Est-ce idéaliste? C’est le message que tentent pourtant d’envoyer les électeurs depuis déjà quatre élections. Il serait temps que quelqu’un comprenne.