Des raisons pour y aller?

La question de la rentrée parlementaire à Ottawa est sur toutes les lèvres : Y aura-t-il des élections à l’automne? Les paris sont ouverts, alors que Stephen Harper a entrepris de rencontrer les chefs de l’opposition en début de semaine. Seul Michael Ignatieff semble savoir ce qui arrivera d’ici le moment où son parti pourra déposer une motion à la Chambre des communes pour renverser le gouvernement. Pourtant, le sait-il vraiment?

La popularité dont il bénéficiait au printemps dernier s’est évaporée. Les chiffres publiés cet été et encore cette semaine n’augurent rien qui vaille pour le chef libéral. Sondage après sondage, la tendance observée est pour le moins inquiétante pour sa formation politique. Le moins qu’on puisse dire, c’est que sa lune de miel avec l’électorat s’est estompée. Pire encore, il n’a pas réussi à se définir, et les citoyens ne savent toujours pas ce qu’il a dans le ventre.

Les indicateurs économiques montrent que la situation s’améliore. Les chiffres sur le déficit récemment publiés tendent à confirmer les prévisions du ministre Flaherty. Tout cela est fragile, mais pour l’instant rien n’indique que la prévision d’un cycle en W (un retour à une croissance suivi par une nouvelle croissance négative) soit sur le point de se matérialiser. C’est justement l’argument que feront valoir les conservateurs d’ici la rentrée parlementaire pour convaincre l’opinion publique qu’il ne faut pas déclencher des élections alors que la reprise s’amorce.

Chose certaine, si M. Ignatieff veut y aller, il devra trouver la ou les raisons pour motiver son choix. L’opportunisme politique ne sera pas suffisant. Il est vrai que bien des électeurs tendent à avoir la mémoire courte. Une fois la course amorcée, le débat prend une autre dimension. On n’a qu’à penser au dernier scrutin québécois : personne n’en voulait, mais Jean Charest, loin de payer le prix de l’avoir déclenché, a hérité d’un gouvernement majoritaire.

Une élection coûte cher, mais la démocratie n’a pas de prix. Ce n’est donc pas un argument. Cela étant dit, si les libéraux décident de défaire le gouvernement, que ce soit pour une raison futile ou fondée, ils devront dire ce qu’ils proposent. Cela demeure encore aujourd’hui leur problème principal.

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