Deux poids, deux mesures
Sans être étymologiste ou chercher la définition propre dans un dictionnaire, on sait d’instinct qu’une crise naît d’une situation intense. Elle devrait habituellement changer certains comportements afin d’éviter qu’elle ne se répète. C’est du moins ce que l’on pense. Pourtant, il semble que cela ne s’applique pas à tous les humains de la même manière. Que l’on soit financier ou simple consommateur, il y a de toute évidence deux poids, deux mesures.
La crise économique semble avoir eu un certain effet sur le comportement des consommateurs. Nous avons appris. Sans avoir renoncé aux vacances, on a modifié les façons de faire afin de s’adapter à la situation. En Gaspésie, tout comme à Menton, petite ville du sud de la France, on remarque que les gens ont dépensé différemment cette année. Les touristes se sont adaptés.
Il y a, par ailleurs, de ces gens qui refusent de s’adapter. C’est le cas des dirigeants du secteur financier. Loin d’avoir modifié leur méthode de rémunération, ils en profitent pour retomber dans leurs vieux patterns le premier embelli venu. On se vote des bonis à qui mieux mieux sans égard à la crise mondiale. Que voulez-vous, la mémoire est une faculté qui oublie. Lors du dernier G-20, on avait pourtant conclu qu’il fallait agir. Les dirigeants du secteur financier ne pouvaient à la fois être sauvés par les deniers publics et n’en faire qu’à leur tête. Toutefois, les États ne pouvaient agir seuls. Ces jours-ci, le gouvernement de la France a beau crier et décrier, il ne peut agir seul. L’interdépendance des économies rendrait la chose totalement inutile.
Il s’agit d’un autre défi pour Obama qui recevra le cénacle des 20 plus grandes économies à Pittsburgh en septembre. Cette fois, il faudra passer de la parole aux actes. Sinon, il deviendra impossible de réformer le système. Les paroles s’envoleront et les comportements reprendront leur droit comme si rien n’était arrivé. C’est essentiel si l’on veut passer d’une économie de spéculateur à une économie d’entrepreneur comme l’a si bien dit Nicolas Sarkozy. Aux États-Unis, la crise a fait naître deux expressions savoureuses. On dit que Wall Street regroupe les financiers alors que Main Street permet d’identifier les autres contribuables. S’il n’y a pas de concertation internationale, les banquiers de Wall Street n’auront rien appris et les gens
de Main Street auront payé la note.