Quand le vent tourne

Il n’est pas facile de faire changer la direction du vent. Parlez-en à Barack Obama. Lui qui avait joui d’un climat favorable depuis son élection doit maintenant naviguer avec un vent de face. Après six mois au pouvoir, sa cote de popularité a connu une baisse significative. Elle se situe maintenant à 59 %, selon un sondage du Washington Post et d’ABC. Une diminution de 10 % par rapport au printemps dernier.

Il faut toutefois remettre les choses en perspective. Dans le contexte actuel, bien des chefs d’État aimeraient avoir de tels chiffres pour traverser la crise. Parmi les dirigeants des pays du G-8, Obama peut être envié. En France, Nicolas Sarkozy n’a qu’un maigre 44 % d’appui. Au Japon, le parti au pouvoir depuis 50 ans est menacé. Au Canada, Stephen Harper est toujours sur la corde raide.

Avec l’embellie économique que certains indicateurs laissent entrevoir, Barak Obama pourrait voir la grisaille se dissiper lentement. Cependant, la complexité de la tâche de président des États-Unis fait en sorte que d’autres enjeux pourraient rapidement venir assombrir son mandat. Il y a des turbulences en vue : la dette, le chômage, l’Afghanistan; la liste est longue.

Les embûches potentielles sont multiples. Outre le budget, qui devrait présenter des résultats plus catastrophiques que prévu, la réforme de la santé est sûrement un dossier sur lequel Obama risque de se casser les dents.

Si l’on en croit l’opposition républicaine, le principal cheval de bataille électoral du président pourrait devenir son premier Waterloo. S’agira-t-il de la défaite du président ou de celle de la population? Le projet vise à offrir une couverture santé à 97 % des Américains d’ici 2015. Aujourd’hui, quelque 14 % de la population ne possède aucune protection en matière de santé.

Gouverner, c’est choisir. Obama a pris des décisions dans les six premiers mois de son mandat. Il n’a pas tergiversé. Il n’a sûrement pas fait que de bonnes choses. Il est humain. Il devra maintenant apprendre à naviguer avec un vent de face. Le poids de l’espoir est souvent lourd à porter.

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.