Pas dans son assiette

L’agriculture québécoise n’est pas dans son assiette. Un an après la publication du rapport Pronovost, le gouvernement semble travailler en vase clos. Chose certaine, le climat n’est pas au beau fixe. L’Union des producteurs agricoles (UPA) et le ministère de l’Agriculture se parlent maintenant par médias interposés. L’UPA a même orchestré une campagne de communication le long des autoroutes. Cela n’indique rien de bon.

On aurait tort de fermer les yeux, car ce débat ne touche pas que les producteurs agricoles. Il concerne l’ensemble de la population. Il faut se demander quel avenir nous voulons pour l’agriculture québécoise. Qu’on soit en ville ou à la campagne, la production agricole représente la base de ce qu’on met dans notre assiette. Ce n’est pas anodin. Les choix que nous proposent les décideurs ont une incidence sur l’autonomie alimentaire du Québec. Certains diront que ce n’est pas grave dans un contexte mondial. Il faut pourtant s’en préoccuper, particulièrement au moment où les citoyens sont de plus en plus sensibles à l’achat local. 

D’un côté, il y a le ministère qui a commandé trois rapports, lesquels demeurent sur les tablettes. Le rapport Pronovost remet notamment en question le monopole de l’UPA et propose la diversification de l’agriculture. Le rapport Saint-Pierre vise une révision en profondeur du financement. Enfin, le rapport Ouimet mise sur un assouplissement de la Loi de la protection du territoire agricole.

De l’autre, il y a l’UPA.  Forte de l’appui de trois ex-ministres de l’agriculture qui défendent le statu quo, l’UPA se braque. Cette position ne peut être satisfaisante. Devant les visions qui s’affrontent, il doit y avoir un compromis, une position qui permette de renouveler le modèle québécois tout en respectant les principaux acteurs de ce secteur, les agriculteurs.

Les temps changent et l’agriculture doit s’adapter. Cela doit cependant se faire avec tous les intervenants. Le ministre doit démontrer qu’il est en mesure de mobiliser tous les acteurs. Sinon, avec l’élection complémentaire dans Marguerite-Bourgeoys et un remaniement ministériel dans l’air, le premier ministre Charest pourrait en profiter pour changer la donne. En remplaçant le ministre actuel, Laurent Lessard, il modifierait la dynamique. L’arrivée d’un nouveau ministre permettrait de réunir tout le monde autour d’une même table.

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