Ça n'a pas de prix

Une réputation, ça n’a pas de prix. On passe sa vie à la construire. C’est à la fois précieux et fragile. Trois enveloppes brunes peuvent détruire une vie entière de contributions significatives. La vie est ainsi faite. Le jugement est d’autant plus dur quand ceux que l’on a admirés déçoivent. C’est l’une des leçons que l’on tire de la Commission Oliphant où Brian Mulroney tente d’éclaircir une situation qui apparaît néanmoins de plus en plus nébuleuse.

C’est la seconde fois que des allégations visent l’ancien premier ministre. Lors de l’affaire Airbus, il était parvenu à blanchir sa réputation. Il croyait pouvoir le refaire devant le juge Oliphant. Aux premiers balbutiements de l’affaire Schreiber, il s’était dit prêt à comparaître devant une commission d’enquête. La réputation douteuse de Karlheinz Schreiber lui donnait un avantage indéniable.

Aujourd’hui, Brian Mulroney est moins catégorique. Il dit que le mandat du juge Oliphant n’est pas celui qu’il avait réclamé. Chose certaine, les derniers jours d’échanges avec le procureur de la commission n’auront pas permis de faire toute la lumière  dans cette affaire.

Au pouvoir, Brian Mulroney n’a pas toujours fait l’unanimité. Le libre-échange, la TPS, l’Entente du Lac Meech ont fait grincer des dents. En rétrospective, la période où il fut à la tête du gouvernement canadien fut fertile. On a reconnu la contribution et l’audace de ses politiques. Sa vision lui a permis de se tailler une place de choix dans l’histoire. Homme d’affaires aguerri, le petit gars de Baie-Comeau symbolisait la réussite.

225 000 dollars ou 300 000, cela peu paraître beaucoup. C’est pourtant bien peu quand on considère le prix payé. Cela ne valait certainement pas les durs moments qu’a passés Brian Mulroney devant la Commission Oliphant. C’est surtout bien peu pour ternir la marque que voudrait laisser dans l’histoire l’ancien premier ministre.

Brian Mulroney ne sera accusé de rien. Ses gestes, bien que discutables, n’ont pas été jugés illégaux. Trois enveloppes brunes et un accord avec l’impôt plus tard, cette erreur de jugement aura cependant eu un prix : celui de sa réputation.

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