102 jours
Barack Obama est au pouvoir depuis 102 jours. Il a passé le cap des 100 jours avec brio. Pourtant, comme l’aurait dit Kennedy, il faudra 1 000 jours, voire 1 000 ans, pour que tout ce qu’il y a faire pour le pays trouve à se matérialiser.
Obama jouit d’un appui quasi inégalé. Plus de la moitié des Américains aime l’homme et ses politiques, et un 30 % additionnel apprécie l’homme. Son charisme, sa personnalité… Bref, ce qu’il incarne lui donne une marge de manouvre appréciable. Ce qui est précieux en politique. Cette marge est encore plus grande quand on y ajoute le contexte. L’ère post-Bush et la précarité économique sont autant d’éléments qui augmentent la latitude dont il dispose.
On ne peut nier son action. Il a été l’un des présidents les plus actifs depuis Franklin Delano Roosevelt lors de la crise des années 1930. Le recul nous manque toutefois pour mesurer les résultats. À ce jour, on peut présumer que son plan de relance économique a ralenti la descente aux enfers. Il n’a toutefois pas modifié de manière profonde les pratiques. D’ailleurs, les dirigeants des grandes banques n’ont pas manqué de se payer des bonis à même les fonds avancés par l’État. Le rendement à court terme l’emporte encore sur une vision plus durable de l’économie. Rien n’indique, pour reprendre les mots du président Sarkozy, que le monde se dirige vers une économie qui priorise davantage les entrepreneurs que les spéculateurs.
Sur le plan politique, si la tendance se maintient, la vie de Barack Obama pourrait bien devenir plus facile. Après le passage d’un sénateur républicain dans le camp des démocrates, les élections de mi-mandat pourraient offrir au président une composition du congrès qui lui faciliterait la tâche pour les importantes réformes à venir.
De quoi seront faits les prochains 100 jours? Une fois la reprise amorcée, Obama devra s’affairer à rendre sa vision concrète. Il devra regarder l’état des finances publiques et opérer les changements majeurs attendus, particulièrement en matière de santé et d’énergie. Après avoir réchauffé les relations avec les leaders du monde, il aura à poser des gestes concrets. Tout un défi!