Une date mémorable
Si le projet concocté à Londres par le G-20 donne les résultats escomptés, le 2 avril sera une date dont il faudra se rappeler. Les représentants de 90 % de l’économie mondiale assis autour d’une table ont jeté les bases d’une importante modernisation du système financier.
Le vocabulaire utilisé dans le communiqué final donne clairement l’espoir que quelque chose s’est passé. On y parle de croissance durable, de prévoyance, de soutien aux pays en développement, de transparence – des termes trop rarement utilisés. Mais ce qui surprend par-dessus tout, c’est qu’on y énonce des mesures concrètes, accompagnées de moyens pour les réaliser. On assigne des responsabilités et, surtout, on met en place un processus de suivi. Les leaders des 20 pays les plus développés ont adopté un vrai plan d’action.
Les conclusions du sommet du G-20 sont surprenantes, voire inspirantes. Pourtant, rien ne laissait présager un tel revirement. Vingt-quatre heures auparavant, le climat était loin de laisser prévoir des résultats aussi probants. L’attitude des leaders des grandes économies mondiales n’était pas très inspirante. On les voyait jouer du coude, tirer la couverte. C’était à celui qui crierait le plus fort, qui imposerait son agenda. Nicolas Sarkozy était même allé jusqu’à laisser entendre qu’il quitterait la table si les choses ne se déroulaient pas selon ses attentes.
Il faut le reconnaître, ils sont parvenus à mettre les intérêts nationaux de côté pour trouver une solution globale qui puisse permettre d’offrir un redressement durable. Le «Think global, act local». Le rôle du Canada, pourtant bien petit dans ce cénacle de grands, n’a pas été aussi minime qu’on l’avait anticipé. Les résultats annoncés s’apparentent d’ailleurs au compromis que proposait Stephen Harper.
Les leaders des grandes économies du monde avaient du pain sur la planche. L’objectif était de nous redonner confiance à titre de citoyen et de consommateurs. Élément indispensable à toute reprise. Ils ont fait plus que ce à quoi on s’attendait. Reste maintenant à voir si le temps leur donnera raison, et si nous nous souviendrons du 2 avril 2009 comme du début d’un temps nouveau.