L'entêtement

Il y a des fois où la politique me désole. Je devrais plutôt dire la partisanerie. Il semble que, tant à Ottawa qu’à Québec, les gouvernements soient résolus à s’entêter et à ne faire qu’à leur gré. Pourtant, ce sont ces mêmes dirigeants qui nous ont dit que dans cette période d’incertitude il fallait se serrer les coudes.

Voilà que, dans un cas comme dans l’autre, on applique plutôt la politique du «c’est moi qui décide».

Jean Charest et la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget ont résisté tant et aussi longtemps qu’ils le pouvaient  à la tenue d’une commission parlementaire afin de faire la lumière sur les déboires de la Caisse de dépôt et de placement. Elle débutera finalement aujourd’hui. Non seulement l’opposition la réclamait, mais la population aussi. La responsabilité ministérielle veut encore dire quelque chose dans notre système. La logique exige donc que le gouvernement fasse preuve de transparence.  Le temps perdu n’aura servi que la partisannerie, pas les citoyens.

À Ottawa les choses ne vont guère mieux. Lors de l’approbation du budget, l’opposition avait, à juste titre, réclamé une reddition de comptes détaillée sur les investissements visant à stimuler l’économie.

Engagé à déposer un rapport en Chambre, Stephen Harper laissait clairement entendre, lors d’une allocution cette semaine qu’il ne voulait pas voir l’opposition le ralentir. Finalement, le gouvernement a non seulement publié un rapport mais a annoncé la mise en ligne d’un site web qui permettra aux Canadiens de suivre la mise en ouvre de son plan d’action économique.

Encore une fois, nous avons eu droit à des affrontements inutiles. Un dialogue de sourds a également prévalu à Ottawa.  Pendant ce temps, l’adoption de la Loi sur l’exécution du budget a tardé. Cette étape est nécessaire à l’application du plan économique. Les sénateurs l’ont compris bien tardivement.

Dans le contexte actuel, je m’attends, comme citoyenne, à ce que les élus s’élèvent au-dessus de la mêlée. Qu’ils agissent d’abord avec  les préoccupations des citoyens en tête. Ce n’est pas de l’idéalisme, mais du réalisme que d’exiger un travail sérieux de nos parlements. Si le Fonds monétaire international affirme que le Canada a plusieurs outils pour se sortir de la crise, il faut agir prestement et de manière responsable.  Cela vaut autant pour les membres des gouvernements que de leur opposition. Il est plus que temps de mettre de côté la politique de l’entêtement partisan.

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