La responsabilité de l'espoir
Susciter l’espoir apporte son lot de responsabilités, c’est vrai. Toutefois, cela n’oblige pas à la perfection. C’est pourtant ce que semblent espérer certains de la performance d’Obama. Il faut remettre les choses en perspective. Barack Obama est un homme de grande valeur. Il possède des qualités de communicateur, un charisme indéniable, et sait s’entourer, ce qui le positionne avantageusement dans cette période trouble post-Bush.
Obama suscite l’espoir par ses mots et ses propositions. Il nous fait rêver, nous donne envie de nous dépasser. Pourtant, le thème du changement porté par le partage des responsabilités et de l’engagement a déjà été proposé. Au Québec comme ailleurs, cette proposition a été loin de susciter la même adhésion. Comme le disent les Américains, «timing is everything». Le nouveau président bénéficie de la conjoncture. Il s’impose comme l’homme de la situation, et son message est entendu.
Le nouveau président souhaite que les États-Unis occupent à nouveau leur place de leader. On comprend qu’il veut, notamment, contribuer à la modernisation du capitalisme. Le système financier américain a démontré qu’il demande davantage d’encadrement. L’économie de marché doit aussi intégrer les éléments du développement durable, lequel vise à répondre aux besoins du présent sans compromettre l’avenir. Barak Obama en est conscient.
Il ne faudrait cependant pas voir en lui un sauveur qui, avec sa baguette magique, réglera tous les problèmes du monde dans les premiers 100 jours de son mandat. Il est un homme, élu démocratiquement, qui au-delà de l’économie devra relever de multiples défis. Il les a lui-même évoqués lors de son allocution, tout en mentionnant bien clairement qu’il ne pourra atteindre seul tous ses objectifs.
Obama n’est pas un sauveur. Devant l’homme le plus puissant de la planète, il n’est certainement pas défendu de garder son esprit critique. Il est possible d’apprécier les capacités de l’homme et sa vision, tout en se disant que son parcours ne sera pas sans faute. Pour le moment, l’enthousiasme qui règne avec l’arrivée de la nouvelle garde à la Maison-Blanche est stimulant. C’est un vent d’air frais dans la grisaille. Pour que cela dure, la responsabilité devra cependant être partagée.