Session extra…ordinaire
Session extraordinaire, c’est le nom que l’on donne aux rencontres du parlement en dehors des moments prévus au calendrier. Est-ce que la rencontre des derniers jours à Québec était vraiment extraordinaire? Le plan proposé par la ministre des Finances n’était rien d’autre qu’un résumé des grands éléments du programme du Parti libéral présentés pendant la campagne électorale. C’est un peu mince pour un gouvernement qui en appelle à la collaboration et qui dit faire face à une réalité économique qui n’a cessé de se détériorer.
La ministre a dit vouloir que l’Assemblée nationale puisse parler d’une même voix en cette période de difficultés économiques. Il ne suffit pas de répéter des voux creux pour qu’ils se matérialisent. Elle aurait dû poser des gestes concrets. Il aurait été plus simple de susciter l’adhésion de l’opposition en intégrant au plan proposé des éléments complémentaires émanant des programmes des autres partis. Or, on l’a vu cette semaine, collaborer tout en ayant une seule paire de mains sur le volant, voilà ce que souhaite l’administration Charest. C’est plutôt contradictoire.
Il y avait urgence, selon le premier ministre. L’Assemblée nationale devait siéger pour parer à la crise. Pourtant, les mesures proposées n’auront que bien peu d’effets dans l’immédiat. Le salaire minimum ne sera augmenté qu’en mai, le crédit d’impôt à la rénovation s’appliquera sur la déclaration de 2009. Finalement, sans portrait de l’état réel de l’économie québécoise, cet énoncé aurait probablement pu attendre le budget, qui sera présenté en mars.
On aurait également pu profiter de l’occasion pour répondre à certaines questions. Est-ce que le gouvernement pigera dans le Fonds des générations pour balancer le budget? Quel sont les résultats de la Caisse de dépôt? Bref, dresser un portrait qui puisse nourrir les discussions lors des consultations prébudgétaires qui s’amorcent. Enfin, on aurait pu convoquer l’Assemblée afin de préparer sérieusement, avec les partis d’opposition, la rencontre des premiers ministres, qui se déroule aujourd’hui à Ottawa. Or, M. Charest s’est rapidement dit peu optimiste quant à sa capacité à faire des gains significatifs à Ottawa.
La semaine politique qui se termine n’avait rien d’extraordinaire. Pendant que Jean Charest s’emploie à réduire les attentes, le retour des députés s’est transformé en un exercice de relations publiques, plutôt qu’en débat sur l’économie. Ce fut un triste spectacle pour des citoyens qui s’attendent à ce que leur gouvernement travaille pour eux.