Le goût du dépassement

La soirée électorale américaine a tenu toutes ses promesses. Pas trop longue, pas trop courte, juste assez de suspense pour voir que tous les espoirs pouvaient se matérialiser. La composition du Sénat et de la Chambre des représentants nous a gardés en haleine. Un lot de surprises est venu État par État. Bien qu’attendue, la conclusion de cette année de campagne intense nous a prouvé qu’il était possible de voir des rêves se réaliser.

Toutefois, tout ne sera pas magique. Le discours touchant et captivant du président désigné a aussi eu un aspect plus pragmatique. Barack Obama a voulu donner l’heure juste. Il faut se nourrir d’espoir, mais la tâche ne sera pas facile. Le succès dépend de la contribution de chacun, a-t-il dit d’un ton solennel. Son sourire de campagne avait laissé place au regard déterminé de celui qui doit livrer la marchandise. Les attentes sont élevées et le contexte est loin d’être favorable. Qu’à cela ne tienne, les Américains ont voté en masse et se sont prouvé qu’il était possible de dessiner l’avenir à travers un nouveau modèle.

Au lendemain de ce moment historique, c’est le Québec qui part en élections. Le contexte est fort différent. La tenue même du scrutin repose sur bien peu de choses. Loin d’un processus électoral à date fixe, c’est plutôt un caprice de premier ministre qui mènera les Québécois aux urnes le 8 décembre prochain.

Nos regards se sont portés au sud de la frontière depuis un an. On y a vu une campagne acerbe où les visions et les générations se sont entrechoquées. Tout n’a pas été parfait. Il en reste cependant un goût du dépassement et, pour le concrétiser, le président fait appel à la population.

Comme société, on peut être porté par le charisme d’un individu, par un projet, par un besoin de changement, mais pour que la magie puisse opérer il faut aussi être prêt comme citoyen à mettre l’épaule à la roue. On veut que les partis en présence nous proposent des projets qui mèneront le Québec plus loin. On sait le Québec capable de changement. La Révolution tranquille en est la preuve. Souhaitons que le vent d’espoir qui a soufflé aux États-Unis puisse inspirer le Québec. Les Américains ont leurs réalités et les Québécois ont les leurs, c’est légitime. Entre le cynisme et l’indifférence, il y a peut-être une place pour aspirer à un peu plus.

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