Cohabiter

Depuis son élection en 2007, le gouvernement Charest clame haut et fort qu’il dirige un gouvernement de cohabitation. Il ne suffit pas de le dire pour que cela se matérialise. Bien au contraire, pour qu’un gouvernement puisse vivre dans un climat de bonne entente, il faut que celui qui le dirige donne l’exemple. Et pourtant.

La rentrée parlementaire s’est faite dans la tourmente. Le départ de Michel Bissonnet pour la mairie de l’arrondissement de Saint-Léonard ajoutait un point à l’ordre du jour : la nomination d’un nouveau président à l’Assemblée nationale. Cette procédure, habituellement simple, a donné lieu à un tableau plutôt désolant.

Le choix des députés s’est porté sur François Gendron, député péquiste et doyen de l’Assemblée nationale. Le leader du gouvernement et son chef ont, comme on le dit en bon québécois, sauté les plombs. Trahison, subterfuge, aucun mot n’était assez fort pour traduire le sentiment qui les habitait. Pourtant, ils ne devaient pas s’en surprendre. La candidature qu’ils avaient proposée avait été refusée par l’opposition, et Jean Charest avait refusé toutes les autres options proposées par cette dernière.

L’entêtement à vouloir tout contrôler ne reflète nullement l’esprit de cohabitation si souvent évoqué par le premier ministre. C’est sans compter que l’attitude de celui-ci n’était pas digne de sa fonction. Il est vrai que ce genre de décision ne change rien au quotidien des citoyens. Elle aura seulement permis d’illustrer qu’au-delà de l’image, Jean Charest ne digère toujours pas d’être minoritaire.

La deuxième journée, le climat s’est un peu apaisé. Il faut se souhaiter que la grâce habite la chambre. Le gouvernement a appuyé une motion de l’opposition officielle afin de mettre de l’avant un plan économique pour rassurer la population en ce temps d’incertitude économique. Les citoyens s’attendent à ce qu’à Québec, comme à Ottawa, le parlement fonctionne.

Les guéguerres n’ont rien de constructif, surtout pas dans un contexte où l’économie doit primer. Les Québécois sont en droit de s’attendre à ce que le comportement du premier ministre soit à la hauteur de la fonction qu’il occupe.

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.