Le modèle canadien d’immigration pour sauver l’économie new-yorkaise
Le maire de New York, Michael Bloomberg, est revenu cette semaine sur la nécessité d’utiliser l’immigration aux États-Unis comme source de relance de l’économie, comme le font d’autres pays. Il propose même de réformer les politiques d’immigration américaines en s’inspirant du modèle canadien.
Lors de la présentation d’un plan d’action pour l’immigration dans le Midtown, M. Bloomberg semblait particulièrement charmé par la marge de manœuvre que le Canada accorde à chacune de ses provinces pour déterminer elles-mêmes leurs propres besoins en termes d’immigration et formuler des politiques d’immigration en fonction de leurs besoins. «Les États-Unis devraient prendre exemple sur leurs voisins du Nord», selon lui. Il croit que le gouvernement fédéral devrait forcer certaines régions, qui jusqu’ici se sont montrées réticentes à accueillir des immigrants, à se servir de l’immigration comme étant la dernière chance de relancer l’économie.
La sortie de Bloomberg s’appuie sur une recherche intitulée Not Coming to America : Why the US is falling behind the global race for talent et un constat que les États-Unis ne parviennent plus à attirer autant d’immigrants qualifiés que d’autres pays qui remportent haut la main la course pour s’arracher les talents du monde. En 1991, 18% des immigrants du Canada et des États-Unis faisaient partie des travailleurs hautement qualifiés. L’année dernière, alors que ce même groupe d’immigrants atteignait les 67% au Canada, il ne constituait que 13% du total des immigrants accueillis aux États-Unis.
Ce n’est pas la première fois que Bloomberg râle contre les politiques d’immigration américaine qui selon lui ne vont pas assez loin, ni la première fois que ses propositions en ce sens font parler de lui. L’année dernière, le maire de New York avait causé tout un tollé en proposant, à Meet the Press, que le pays fasse entrer des immigrants à la condition que ceux-ci acceptent de s’établir à Détroit pour les prochaines cinq ou dix années. Ce passage obligé par Detroit leur permettrait de contribuer à la relance économique de la municipalité en y ouvrant de nouvelles entreprises.
Égal à lui-même, Bloomberg affirme que républicains et démocrates sont tous responsables de ce fiasco au niveau des politiques d’immigration, mais il a surtout griffé au passage le président Obama qui aurait déporté davantage d’immigrants durant son mandat que les quatre ou cinq derniers présidents mis ensemble.