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Lettre à la ministre St-Pierre

Mme la ministre, Nous avons lu samedi dernier dans un quotidien de Montréal que vous préfériez parler d’égalité aux jeunes plutôt que de féminisme. Et que nous devions «modérer notre discours si nous voulions qu’il continue d’être accrocheur». Vos propos sont pour le moins surprenants venant de la ministre de la Condition féminine.

Comment prôner l’égalité sans rappeler ce qu’ont été les luttes menées au nom d’une conception féministe du monde? Pourquoi masquer aux jeunes cette grille d’analyse essentielle qui a permis à des millions de femmes de comprendre qu’elles étaient – et sont encore – discriminées par rapport à l’autre sexe? Un exemple : l’analyse féministe nous a appris que le travail des femmes a toujours été considéré comme ayant moins de valeur que celui des hommes, et cela a amené une immense coalition québécoise de groupes féministes à réclamer et à obtenir une loi sur l’équité salariale.

Depuis les débuts des luttes des femmes pour l’égalité, on traite les féministes de mal-baisées, de frustrées, d’anti-hommes. Il n’est pas étonnant que des jeunes femmes craignent d’être associées à celles qu’on s’acharne à décrire comme des viragos insupportables!

Il faut refuser, Mme la ministre, de baisser les bras devant nos éternels détracteurs. Dire : «Nous sommes féministes» et expliquer ce que ça signifie. Ce que les féministes québécoises proposent aujourd’hui?  Réduire de façon significative les inégalités sociales, protéger les services publics, assurer une retraite digne à tous, créer des emplois durables et accessibles aux femmes et aux hommes, mettre en œuvre des mesures de conciliation famille-travail, éliminer les violences faites aux femmes et développer leur confiance en elles, en particulier face à leur image corporelle. Voilà un beau programme! Comment ne pas souscrire à ces propositions porteuses d’un projet de société mobilisant pour tout le monde?

En cette Journée internationale de la femme, nous tenons à nous afficher clairement : féministes nous sommes, féministes nous resterons. Fièrement!

– Françoise David, présidente et porte-parole de Québec solidaire, et Émilie Guimond-Bélanger, responsable de la Commission nationale des femmes, Québec solidaire

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