Le navire prend l'eau
Après les quelques lignes rapportées le 18 avril dans ce journal concernant les grandes difficultés actuellement rencontrées par les étudiants pour payer leurs études, il se trouvera toujours des gens autoproclamés «lucides» pour juger que le modèle d’études postsecondaires nord-américain est un exemple à suivre pour notre «pauvre Québec».
Vous savez, ceux qui estiment que l’aide financière aux études est plus que généreuse sous sa forme actuelle, et que multiplier les frais scolaires par 2,5 (en moyenne) est «sain pour les finances du Québec». Ceux-là mêmes qui s’empressent d’oublier que notre voisin ontarien offre des bourses – oui, des bourses – permettant aux étudiants de vivre, pas juste de survivre?
Je suis d’accord avec l’ex-ministre Bernier que ce n’est pas par une intervention étatique aveugle que l’on crée la prospérité; c’est avec une intervention judicieuse, que l’on attend toujours. Par exemple : offrir un salaire croissant à l’étudiant postsecondaire à mesure qu’il gravit les échelons de sa discipline favorite; après tout, ne devrait-il pas s’habituer tout de suite à la manière de vivre capitaliste? Ou payer ses frais de subsistance tant et aussi longtemps qu’il est aux études. Au moins, un autre pays dans le monde paye ses étudiants pour persister aux études. Je vous laisse le soin de trouver lequel.
– Christophe Tadji, Montréal