Attentat de Québec: Haroun Bouazzi dénonce «le déni» de la classe politique
Le coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec) reproche à la classe politique d’avoir «fermé les yeux» devant «l’enchaînement des actes haineux» avant le tragique drame qui a touché dimanche le Centre culturel islamique de Québec.
«On a sous-estimé tous ces événements. Les hommes politiques ont vécu dans le déni depuis quelques années», s’indigne Haroun Bouazzi, qui a pris connaissance de cette «atrocité» à Paris, dans le cadre d’un séjour professionnel, avant de revenir lundi après-midi à Montréal.
Citant de multiples actes de vandalisme commis dans des lieux de culte de la province, de Montréal à Sept-Iles, en passant par Sherbrooke et les quatre mosquées de Québec, le fondateur de l’AMAL-Québec affirme ne pas être surpris par cette nouvelle.
«Il y a eu un choc total, des gens sont totalement traumatisés, mais au fond, je ne suis pas étonné. Ça fait deux ans qu’on prend la parole pour dénoncer tous ces événements et toute cette haine déversée sur les réseaux sociaux», reprend M. Bouazzi, qui a notamment reçu plusieurs menaces de mort en mars 2016.
«Il faut être unis»
Ce dernier assure avoir rencontré il y a quelques mois le maire de Québec, Régis Labeaume. «Lorsque je lui ai dit que les quatre mosquées de sa ville avaient été vandalisées, il était étonné. Trop souvent, les autorités et la sécurité publique refusent de parler d’actes haineux. Maintenant, les gens ont peur», assure le Montréalais qui tient à lancer un message à la classe politique.
«Il va falloir arrêter de marchander et de vendre la peur pour avoir des votes. Il faut être unis, penser à un avenir commun plutôt que se diviser les uns et les autres.»