Ergothérapie: au service des patients
L’ergothérapie est une profession de la santé qui vise à rendre un patient le plus autonome possible pour améliorer son bien-être. «Il faut aller en ergothérapie quand le quotidien devient un défi, explique la présidente de l’Ordre des ergothérapeutes du Québec, Françoise Rollin. Quand on est en santé, c’est difficile de s’imaginer que sortir de son lit ou se laver peut être un défi de taille.»
Comme les tâches de la profession sont très larges, les ergothérapeutes travaillent dans tous les milieux (centre d’hébergement, hôpitaux, écoles, entreprises privées) et dans une multitude de contextes (santé mentale, handicap physique, troubles d’apprentissage). Ce sont des professionnels de la santé aux antipodes des neurochirurgiens hyper spécialisés.
Fait intéressant, plus de 90?% des ergothérapeutes sont des femmes. «Pour créer des activités qui redonnent de l’autonomie au patient, il faut un côté créatif assez féminin, soutient Catherine Proulx, étudiante en ergothérapie à l’Université de Montréal. Les hommes ont plus tendance à aller en physiothérapie parce que c’est perçu comme un métier plus viril, plus masculin. L’ergothérapie ressemble plutôt à un métier d’infirmière», croit-elle.
Perspectives intéressantes
La situation d’emploi en ergothérapie est plus qu’intéressante. Selon les données de Service Canada, le chômage y est quasi inexistant et le taux de placement des diplômés avoisine les 100 %. «Dans ma classe, tout le monde est persuadé de se trouver un emploi, raconte Catherine Proulx. Il n’y a aucune inquiétude à ce sujet.»
La forte demande en ergothérapie a eu des effets concrets sur les établissements d’enseignement universitaire, la seule porte d’entrée de la profession. De trois universités offrant le programme (McGill, Laval, UdeM), elles sont passées à cinq avec l’ajout de Sherbrooke en 2007 et de Trois-Rivières en 2008. De plus, le nombre d’étudiants acceptés chaque année pour les trois premières écoles est passé de 230 à 330.
Malgré un accroissement futur de leurs effectifs, les quelque 4 000 ergothérapeutes québécois pourraient avoir de la difficulté à répondre à la demande. «Si on continuait, même avec les augmentations qu’on vient de consentir, il pourrait en manquer 450 d’ici 15 ans», s’inquiète Françoise Rollin.
Dans une société où la population est vieillissante et où les progrès scientifiques permettent de sauver des individus ayant besoin de réadaptation, l’ergothérapie sera de plus en plus nécessaire. «Avant, les gens décédaient sur place dans les accidents de la route, fait remarquer Mme Rollin. Maintenant, la science permet un taux de survie, mais les rescapés ont besoin de réadaptation. Également, le rapport à la douleur n’est plus le même. Aujourd’hui, les gens ne veulent pas rester seuls avec leurs problèmes», explique-t-elle.
Plus les ergothérapeutes seront connus et plus la population sera portée à aller les consulter et plus la demande sera forte. Selon Mme Rollin, les créneaux d’avenir pour l’ergothérapie sont ceux de la maladie mentale et des cliniques privées.