Hollande n’aime pas les riches
Il fut un temps en France où déposséder les châtelains pour distribuer leurs terres aux paysans affamés était en soi une révolution. Aujourd’hui, il s’agit de «faire payer les riches» afin de mieux réduire les inégalités sociales.
Les millionnaires de l’Hexagone ont froid dans le dos. David Cameron, le premier ministre conservateur britannique, a été le premier à leur dérouler le tapis rouge après la promesse de François Hollande de taxer à 75 % les revenus annuels supérieurs à un million d’euros. «Je n’aime pas les riches! Je n’aime pas les riches!», avait lancé le candidat socialiste ce printemps. Il est pourtant loin d’être pauvre…
Pour l’instant, ces bien nantis ne se bousculent pas trop aux portes de la perfide Albion, et pour cause… Les riches y sont taxés à 50 %. Il y a de meilleurs cieux pour eux. Le Canada, par exemple, où ils ne seraient imposés qu’à 29 %. Dans tous les cas et sous toutes les latitudes, les millionnaires ont toujours d’excellents fiscalistes. Quant aux milliardaires…
Ils seraient 1 226 dans le monde, selon l’ONU, qui vient de proposer une taxe de 1 % sur leur colossale fortune estimée à 4 600 G$. Les chiffres donnent le tournis : en dépensant 1 000 $ par jour, il faudrait à chacun de ces milliardaires plus de 10 000 ans pour se retrouver sur la paille.
Taxer davantage les grandes fortunes ou même augmenter les impôts de ceux qui gagnent annuellement 100 000 $ et plus, comme le propose le PQ s’il est élu le 4 septembre, sont des mesures qui font toujours recette dans la société civile de n’importe quel pays occidental.
D’autant que la classe moyenne (surtaxée) se réduit comme peau de chagrin. Les pauvres, eux, s’appauvrissent davantage. S’il faut aller chercher l’argent ailleurs, pourquoi ne pas viser les «super riches», accusés d’être à l’origine de la crise économique actuelle?
Ainsi, 65 % des Français sont favorables à la proposition de Hollande. Si elle était adoptée, la France – pays où l’argent est toujours considéré comme suspect – serait un cas unique au monde avec un taux d’imposition pour les riches dépassant de loin 50 %.
Les milliardaires français comme Bernard Arnault (quatrième fortune mondiale) représentent tout au plus 1 % des contribuables. Quant aux millionnaires, qui sont à peine 3 500, ils vont vite chercher à se trouver un abri pour ne pas être frappés par le bouclier fiscal de leur nouveau président.
Dans tous les cas, les riches finissent toujours par se trouver une niche fiscale quelque part dans les Alpes ou sous les palmiers tropicaux.