Trafic d’ivoire: Grace Mugabe est éclaboussée
HARARE, Zimbabwe — La police zimbabwéenne se penche sur une affaire présumée de trafic d’ivoire à laquelle serait associée l’ancienne première dame Grace Mugabe.
Aucune accusation n’a encore été portée dans ce dossier.
L’agence zimbabwéenne responsable des parcs nationaux et de la faune a fourni à la police des documents qui démontreraient que Mme Mugabe et des membres de sa garde rapprochée ont contraint des dirigeants à contourner les règles pour signer les permis d’exportation de pièces d’ivoire.
Un porte-parole des parcs zimbabwéens, Tinashe Farawo, affirme par exemple qu’un dirigeant a été menacé en octobre quand il a refusé de signer un permis d’exportation pour des pièces qui n’étaient pas présentes physiquement. Ce dirigeant aurait finalement cédé aux «pressions intenses» du bureau de la première dame.
Selon M. Farawo, ces autorisations signées sans respecter les règles — qui exigent notamment que le responsable voit les pièces dont il accepte l’exportation — auraient permis de camoufler le trafic d’ivoire en présentant le tout comme des «cadeaux» envoyés à des dignitaires. On ne connaît pas encore la quantité exacte d’ivoire qui serait sortie du pays en vertu de ce stratagème.
Un millier d’éléphants auraient été braconnés au Zimbabwe en 2013. Plus de 80 000 de ces bêtes majestueuses se trouveraient toujours au pays.