Le budget 2019 de Montréal est adopté
Le budget et le programme triennal d’immobilisations (PTI) 2019 de la Ville de Montréal ont officiellement été adoptés mercredi soir, à l’issue d’une séance extraordinaire du conseil municipal. Quelque 37 élus ont entériné sa signature, contre 19 qui s’y sont opposés, après un débat s’étant échelonné sur toute la journée.
«C’est le premier vrai budget de cette administration, parce que nous l’avons commencé du début jusqu’à la fin. C’est 100% Projet Montréal», s’est réjoui le président du comité exécutif, Benoit Dorais. Il a notamment vanté la plus basse hausse de taxes depuis 10 ans, des investissements «pertinents» dans le logement social et communautaire ainsi qu’un programme «novateur» de compensations aux commerçants pendant les chantiers. «On se donne les outils pour changer notre ville», a-t-il avancé.
«On est en ligne directe avec les préoccupations des Montréalais. On voit une administration en contrôle.» – Benoit Dorais, président du comité exécutif
Il s’est attaqué à l’opposition, Ensemble Montréal, qui a tenté «avec peu de succès», selon lui, de formuler des critiques. «C’est particulièrement ingrat. On nous accuse faussement […] Quand on n’a pas de prise sur quelque chose, on essaie de s’en construire une. Et ça donne des attaques qui font dérailler le débat.»
Avant d’appeler au vote, M. Dorais a pris de longues minutes pour revenir sur toutes les attaques envers son administration ces dernières semaines.
Le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, en avait long sur le cœur, peu avant l’adoption du budget.
«Les signaux d’avertissement n’ont pas été entendus cette année. Tant dans le budget que dans le PTI, les mêmes éléments témoignent d’une absence de gestion responsable.» – Lionel Perez, chef de l’opposition
«On ne le dira jamais assez: on est devant une administration dépensière», a-t-il expliqué.
«On a bien tenté de changer certaines choses, de faire passer certains amendements, mais on n’a pas pu», s’est-il désolé.
Tous les amendements de l’opposition ont effectivement été refusés en bloc. Lionel Perez a carrément demandé, en fin de séance, à ce que le budget soit retourné au comité exécutif afin d’obtenir une dérogation à la politique de la gestion de la dette, qui atteint maintenant 112% du budget de la Ville. Là aussi, son vote a été balayé: 19 élus se sont dits en faveur, tandis que 37 élus s’y sont opposés.
Le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, s’est lui aussi inquiété que la Ville ait augmenté ses dépenses de près de 10% en deux ans, «alors que l’inflation n’atteint que 3%». «Quand on dira aux contribuables qu’ils doivent payer tout ça, ils vont nous dire de ralentir, c’est certain», a-t-il observé.
Enfin, la conseillère de l’opposition, Chantal Rossi, s’est indignée, peu avant l’adoption du budget, que celui-ci ne fasse peu de place à la culture. «On parle de coupes de 826 000$. Pourquoi autant couper au lieu de réinjecter dans d’autres initiatives?» s’est-elle interrogée.
Elle estime que les ateliers d’artistes en seront les principales victimes. «Il n’y a pas un sou pour ces ateliers, alors qu’on sait qu’ils sont en difficulté financière. C’est incohérent. On devrait être en train d’investir davantage», a-t-elle considéré.
«Notre mission, c’est de démocratiser la culture pour les citoyens», a-t-elle martelé. Une accusation à laquelle M. Dorais s’est catégoriquement opposé, rappelant que la Ville a investi plusieurs millions de dollars dans la culture dans son budget. «Les gens sont férus de culture, ils considèrent que c’est l’identité d’un peuple, et on le sait», a-t-il dit.